Municipales en France: abstention record au premier tour, questions sur le deuxième





Le premier tour des élections municipales en France s’est déroulé, hier, dimanche 15 mars, dans le contexte exceptionnel et pesant de l’épidémie mondiale de coronavirus. Ce premier tour a été maintenu par le président Emmanuel Macron malgré les polémiques. Résultat : un taux d’abstention record. Entre 53,5% et 56% des inscrits ne se sont pas déplacés pour aller voter. Une question s’est posée très vite : va-t-on pouvoir maintenir le second tour ?

Plusieurs ténors de la classe politique comme Marine Le Pen du Rassemblement national (RN) et Yannick Jadot d’Europe écologie-les Verts (EELV) ont demandé tout de suite le report du second tour de cette élection. La classe politique n’est plus unanime. Le très fort taux d’abstention a montré que cette situation inédite d’une élection sous la menace de l’épidémie de coronavirus avait des répercussions sur le comportement électoral des Français qui, pourtant, sont généralement très attachés au scrutin municipal.

 Les résultats, la poussée des écologistes, la prime aux sortants de droite et de gauche, les faibles scores de La République en marche (LaRem), le maintien du Rassemblement national dans ses bastions, les habituelles négociations sur les alliances de second tour, tout cela a été éclipsé et va l’être encore plus désormais par la question : le gouvernement va-t-il décider, en ce début de semaine, un confinement général des Français ? Ce qui, de fait, rendrait impossible l’organisation du second tour dimanche 22 mars.




La pression est forte sur l’exécutif, qui a été accusé d’avoir choisi le paradoxe en fermant les écoles, les universités, mais en maintenant le premier tour des municipales. Édouard Philippe doit consulter très vite les représentants des principaux partis. Le comité scientifique sur lequel le gouvernement appuie ses décisions doit aussi se réunir. Il faut décider avant mardi soir, date limite du dépôt des listes pour le second tour.

 Un choix difficile

Le président Emmnanuel Macron et le Premier ministre Édouard Philippe vont donc avoir à faire un choix difficile : maintenir le second tour alors que l’épidémie progresse et s’exposer à de vives critiques avec le risque d’une abstention encore plus forte qu’au premier tour, ou reporter le scrutin avec toutes les conséquences de ce choix. Qu’adviendrait-il alors du premier tour si le scrutin devait avoir lieu dans plusieurs semaines, voire plusieurs mois, car l’élection municipale forme un tout.




L’exécutif se trouve face à une situation inédite sur le plan sanitaire et va devoir trouver des solutions inédites sur le plan constitutionnel, mais aussi des solutions qui feront l’unanimité. La rencontre annoncée par le Premier ministre avec les chefs des partis va donc avoir pour objet d’abord et avant tout de trouver les conditions d’une union nationale autour de la décision qui sera prise, et notamment autour de l’hypothèse du confinement généralisé qui continue à avoir lieu. C’est un impératif pour Emmanuel Macron et Édouard Philippe. C’est aussi une nécessité pour les partis d’opposition, car les Français auraient du mal à comprendre des affrontements politiciens dans un tel moment.