Le confinement dévoile comment Sassou a appauvri les Congolais

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Les mesures drastiques édictées par Chef de l’Etat Denis Sassou N’guesso pour prévenir la maladie à coronavirus, dont le confinement général de la population, ne sont pas normalement suivies  par les Brazzavillois. Les besoins de survie exprimés par la plupart des ménages de la capitale contraignent la population à faire fi du confinement.

Le confinement constitue une pilule amère, difficile à intégrer les habitudes de la majorité des ménages dont l’instinct de survie les pousse à exercer une activité génératrice de revenus, à se débrouiller dans le dessein de faire face aux besoins physiologiques indispensables, à savoir  nourrir son corps, qui est un des premiers médicaments dont le corps a besoin pour être sain. C’est dans ce contexte que certains responsables de familles, dès la levée du soleil, s’activent dans les différents lieux de la capitale, à la recherche du pain, qu’ils doivent ramener le soir pour subvenir aux besoins de leurs familles.




Mais le contexte de morosité sanitaire due au covid-19, avec le nombre des cas de contamination qui ne fait que grimper à une vitesse vertigineuse, le confinement général de la population a été assurément la meilleure option prise par le Président de la République, pour éviter la propagation. Une décision salvatrice pour le premier magistrat à qui il incombe la tâche de veiller à la protection des citoyens, reconnue d’ailleurs par la Constitution.

Le confinement général de la population a des répercussions sur le tissu social déjà en décrépitude depuis des années, va également payer la lourde tribu de cette crise sanitaire qui a des conséquences sur tous les secteurs d’activités.

Les prix de produits de première nécessité à forte consommation dont l’inflation devient la tasse de thé ceux qui vont se ravitailler dans les différents endroits d’approvisionnement. Le prix de vente en gros du gnetum connu sous l’appellation de « coco » a grimpé. Autrefois, six paquets revenaient à 1000 francs CFA et actuellement le paquet coûte 500 francs CFA ; la tomate fraiche est vendue à 100 francs CFA alors qu’il y a à peine quelques jours, un tas de cinq grosses tomate était marchandé à 100 francs CFA.

D’autres produits alimentaires sont également affectés par l’inflation des prix, à l’instar des cossettes de manioc, un aliment prisé par les congolais, connu sous l’appellation de « foufou », le prix de vente du sac a triplé passant de 30.000 francs CFA à 85. 000 francs CFA voire 90.000 francs CFA. Les prix des denrées alimentaires de première nécessité augmentent presque chaque jour depuis que le Président de la République avait annoncé le 28 mars dernier le confinement général et le couvre-feu à partir de 20 heures jusqu’à 5 heures du matin. Les vivres congelés ne sont pas épargnés par ce phénomène d’expansion des prix des produits alimentaires.  Il en est de même du manioc qui se négociait entre 700 francs CFA et 800 francs CFA et qui est désormais vendu à 1200 francs CFA.




Cette inflation des aliments de première nécessité n’arrange guerre les ménages, surtout les plus démunis qui seront, si aucune mesure n’est prise en leur faveur en urgence, dans le lot des victimes de la famine, d’autant plus qu’ils seront dépourvus même des moyens minimums recommandés par les organismes internationaux, dont une personne doit pouvoir utiliser en une journée.

Le confinement général et le couvre-feu sanitaire vont faire plus de victimes que la pandémie du coronavirus. Au regard des mesures restrictives qui se durcissent chaque jour par le gouvernement, compliquant ainsi l’équation des populations qui se démêlent au quotidien pour nourrir leurs familles.




Le Congo actuellement sous perfusion économique du Fonds monétaire international réussit-il à  gérer cette crise sanitaire et le confinement général de la population, qui a montré ses preuves en Chine ? le fonds de solidarité d’urgence créé par le Chef de l’Etat servira-t-il en sous de la prise en charge des besoins  sanitaires contre le covid-19 à d’autres secteurs comme le social des congolais déjà amorti par la crise économique depuis plusieurs années, sera également anéanti après le règne de la maladie à coronavirus.  Il faut admettre que sans mesures d’accompagnement fiables, le confinement général de la population nous réserve des surprises.

Si dans les pays développés la première grande pandémie de ce début du 21ème siècle, les cas de morts dépassent des centaines de milliers, au Congo, si aucune disposition n’est prise à l’endroit des couches sociales défavorisées, et des couches à revenus intermédiaires, le confinement fera plus de victime de la famine que du coronavirus. Surtout que la pauvreté ne rime pas avec le confinement.

Par vox.cg