L’Allemagne va autoriser la venue de travailleurs saisonniers malgré le coronavirus

0
1121





Les mesures restrictives prises en Europe contre le Covid-19 empêchent de travailler ceux qui se déplacent à cette fin dans d’autres pays. La Commission européenne veut persuader les États membres de lever les restrictions pour ces personnes. L’agriculture fait partie des secteurs concernés avec des travailleurs saisonniers venus avant tout d’Europe de l’Est.

L’Allemagne accueille chaque année environ 300 000 saisonniers qui viennent majoritairement de Pologne et de Roumanie. Au printemps, ils sont nécessaires pour les producteurs allemands de cultures maraichères comme les asperges ou les fraises. Ce sont des travaux pénibles pour lesquels des Allemands sont difficiles à trouver. Les saisonniers restent sur place durant les récoltes et sont hébergés par les producteurs avec les risques que cela peut comporter aujourd’hui.

Ressortissants hors Schengen interdits

Pour limiter ces risques, le gouvernement allemand a décidé il y a quelques jours une interdiction de séjour en Allemagne pour les personnes ne venant pas de l’espace Schengen, ce qui concerne pour les saisonniers en premier lieu la Roumanie mais aussi à l’extérieur de l’Union européenne l’Ukraine. Les Polonais, Tchèques et Slovaques peuvent entrer sur le territoire allemand. Mais venir en Allemagne n’est pas simple quand trains, avions et bus ne circulent plus vraiment. Pour les saisonniers polonais, ce travail est financièrement moins attractif en raison de la bonne santé économique de leur pays. Et la perspective d’une quarantaine de deux semaines en rentrant chez eux n’est pas non plus très attractive.




40 000 saisonniers étrangers mais des règles strictes

Les producteurs comme leurs représentants réclamaient à cor et à cri un assouplissement des règles, craignant pour leurs récoltes. Jeudi, un compromis a été trouvé. Il permettra à 40 000 saisonniers de venir en Allemagne en avril et en mai. Mais des règles strictes vaudront pour eux : ils devront arriver en groupe et par avion, subir un contrôle médical à leur arrivée et être hébergés ensemble séparés de leurs collègues. Dans les champs, ils devront respecter des distances de sécurité et si, cela n’est pas possible, porter des gants et des masques.Le gouvernement veut par ailleurs trouver 10 000 personnes en Allemagne pour assurer ces tâches, qu’il s’agisse de chômeurs, d’étudiants ou de migrants.

Aide à la personne

Mais le recours à du personnel venant d’Europe de l’Est ne se limite pas à l’agriculture en Allemagne. Cela vaut aussi pour la prise en charge des personnes âgées. Parce que les places en Ephad coûtent cher, des familles recrutent des femmes d’Europe de l’Est qui restent à temps plein dans l’appartement d’un grand-père ou d’une grand-mère pour les prendre en charge, légalement ou au noir. Leur nombre est estimé à 300 000. Actuellement, beaucoup renoncent à venir en Allemagne en raison des restrictions liées à l’épidémie de coronavirus ou parce qu’elles ont peur. Les familles allemandes sont inquiètes et cherchent dans l’urgence une solution soit en leur sein, soit en payant des services professionnels. Mais les Ephad en Allemagne sont pleins. Les responsables politiques réfléchissent à de nouvelles règlementations pour que s’occuper d’un senior comme d’un enfant puissent être soutenu financièrement par des mesures fiscales ou sociales.