Bye bye le pommé et inutile Clément Mouamba!

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En villégiature à Oyo, le Chef réfléchit, loin des bruits de Brazzaville, sur le sens à donner à son nouveau quinquennat, notamment la mise sur pied d’une nouvelle équipe gouvernementale après qu’il a effectué sa prestation de serment. Qui sera donc désigné premier des ministres, appelé exagérément au Congo premier ministre, en remplacement de Clément Mouamba?

Selon une règle non écrite qui obéit certainement à l’équilibre géopolitique et régional, le président de la république, ressortissant du septentrion, nomme souvent un premier ministre issu de la partie sud du pays, et vice-versa. Un flashback sur le passé renseigne que Sassou( 1, 2 et plus) a eu comme premiers des ministres: Louis Sylvain-Goma, Ange Edouard Poungui, Alphonse Souchlaty Poaty, Isidore Mvouba(éphémère premier ministre)et Clément Mouamba(, l’actuel premier ministre).

Il y a cependant l’épisode éphémère de Pierre Moussa(1990-1991), natif d’Owando au nord du pays. Encore une exception en rapport avec le respect du principe d’équilibre géopolitique. L’histoire retiendra que lorsque Sassou n’a pas été respectueux de ce principe d’équilibre géopolitique régional, il a perdu le pouvoir.

Feu le président Pascal Lissouba a, quant à lui, successivement, nommé Maurice Stéphane Bongho Nouarra, Jacques Joachim Yhombi Opango et David Charles Ganao, tous ressortissants du septentrion. Seules les nominations de Antoine Da Costa pendant la période de braise, et celle de Bernard Kolélas, en pleine guerre civile de 1997, tous deux ressortissants du Sud comme Lissouba, sont l’exception qui confirme encore une fois la règle.

Sur la short list de l’équipe gouvernementale en gestation, quatre personnes se positionnent comme successeurs de Clément Mouamba. Selon certaines indiscrétions, le Chef voudrait donner un coup d’accélérateur à la publication d’une nouvelle équipe gouvernementale. Anatole Collinet Makosso, le plus en vue dans la galaxie « sassouiste », semble répondre au portrait-robot poltique défini par le Chef.

Plus politique, Collinet pourrait rétablir la confiance auprès des populations de Pointe-Noire, la frondeuse capitale économique. Au-delà des apparences vernies par des statistiques de mobilisation à la faveur de la campagne présidentielle 21 et de la victoire de Sassou dans le Kouilou, la réalité est que les pontenegrins subissent de plein fouet les contre coups de la triple crise économique, financière et pandémique.

À l’apparence, le Chef voudrait rétablir le pont avec le Kouilou profond. Pendant la campagne présidentielle, il y a fait deux aller-retour pour tenter de reprendre la main, après la déconvenue de 2016 face à Jean-Marie Michel Mokoko et Guy-Brice Parfait Kolélas. Mission accomplie cette fois-ci mais en grande partie inachevée. Collinet Makosso, fils du coin qui entre au palais du Peuple comme dans un moulin, pourra t-il user de ses talents de communicateur politique pour achever cette mission? Une chose paraît plausible, l’ancien directeur de cabinet de la première dame est mieux placé, sauf cataclysme de dernière minute, pour bénéficier de la confiance du Chef.

La connaissance des questions économiques et financières, son ventre mou, pourrait cependant lui jouer un vilain tour, au point de se voir disqualifier au profit d’un outsider, frère du Kouilou comme lui. Lequel?🤫🤫🤫 Grand défenseur de la constitution de novembre 2015, dont il a été l’un des architectes, Collinet Makosso, en réponse à notre question sur l’étranglement financier qui guettait le fonctionnement d’institutions pléthoriques prévues dans la « Nouvelle Constitution », s’était montré grand analphabète en matière de finances publiques, en évoquant, sans conviction aucune, leur bon fonctionnement grâce à l’argent dont dispose l’État.

Aïe! Peut-être, a t-il dû se raviser face à la conjoncture bien difficile que traverse le Congo. Il n’en est rien pour Rigobert Maboundou. Cet économiste, à la langue française limpide et légère, a l’avantage de maitriser les dossiers économiques et financiers du pays. Arrivé en politique par accident, sous l’ombre de Mouamba et Benjamin Bounkoulou, Maboundou serait le portrait-robot économique, d’autant que sa nomination fera la joie des ressortissants du département de la Bouenza. Son péché mignon: il parle comme un livre pour un résultat souvent en deçà des attentes.

Il traîne également, disent de lui ses plus proches collaborateurs, une vilaine image de « mabokos makaku »(la main racornie du singe mort, harpagon, en français). Une image dont devrait se défaire Rigobert Maboundou s’il veut faire la politique à la congolaise…On pourrait en dire autant du Pool qui n’a goutté à ce poste, sous Sassou, que de manière accidentelle.

Isidore Mvouba avait été désigné premier des ministres en violation de la constitution de 2002. À ce titre, Adelaïde Mougany et Claude Alphonse Nsilou, tous deux du Pool, ont de bonnes raisons de miser sur l’absence de leur département à ce niveau de responsabilité. Seul problème pour Nsilou : il n’est pas membre du PCT au pouvoir. À moins qu’il fasse, une fois à la Primature, comme Clément Mouamba, un comeback au PCT.

Il ne faut surtout pas oublier que ce poste de premier ministre revient au parti au pouvoir. Last but no least, faut-il s’attendre à la surprise du Chef, avec le maintien de Clément Mouamba, à ce poste, pendant au plus un an? « Rien n’est moins sûr », selon certaines indiscrétions. Le Niari, qui n’a jamais hérité de la Primature depuis que Sassou est aux affaires, réclame aussi ses dividendes politiques. Emile Ouosso ou Pierre Mabiala?