Brazzaville se mobilise contre le trafic de faux médicaments

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Le gouvernement congolais vent débout contre les médicaments de la rue. Pour sensibiliser les acteurs du secteur de la santé et les populations, la capitale Brazzaville a abrité du 14 au 18 janvier un atelier de formation sur la pharmacovigilance, censé semer les bases de la lutte contre le phénomène.

Le long des principales artères de Brazzaville, ou encore au marché Total au nord de la capitale politique congolaise, plusieurs étalages de médicaments dits “de la rue” ont été érigés à la merci de la poussière, des intempéries et du soleil.

Hermann Stéphane Mabiala, est l’un des vendeurs. Pour lui, ces médicaments sont autant efficaces que ceux vendus en pharmacie. « Premièrement, ce sont presque les mêmes molécules. Pour moi qui suis vendeur, je peux dire que ça soigne comme tous les autres médicaments vendus en pharmacie ou ailleurs. Mais, la conservation c’est ce qui nous fait mal à l’oreille parce que voir ces médicaments exposés au soleil, c’est un peu absurde », admet-il.




Il n’est pas le seul à penser ainsi. Les faibles revenus financiers parviennent à convaincre des habitants de la capitale de “l’efficacité” de ces médicaments prohibés. Ils estiment en effet que ces produits coûtent moins cher que ceux des pharmacies, pour le même effet. « Je préfère acheter dans la rue parce qu’en pharmacie, souvent, l’argent ne répond pas. On peut te prescrire une ordonnance, tu entres en pharmacie pour demander les prix, mais l’argent souvent à notre disposition permet d’acheter seulement dans la rue. Qu’on nous pardonne d’acheter dans la rue », confie Avance Riva Massa, un consommateur des médicaments de la rue.




D’autres par contre sont bien d’avis que les médicaments de la rue sont dangereux et tuent. « J’aime aller en pharmacie parce que les produits dans la rue, ça ne marche pas trop. Tout est exposé au soleil. Je n’aime pas trop prendre ça. Ce n’est pas bien de vendre les médicaments en pleine route. En pharmacie, ils sont plutôt bien conservés. Pour garder ma vie, ma santé… Je préfère acheter en pharmacie », milite Dany Massamba.

Et pour juguler ce phénomène, Brazzaville, la capitale politique congolaise a abrité du 14 au 18 janvier un atelier de formation des acteurs de la santé sur la pharmacovigilance.

« En pensant à cela, on se rend compte qu’on ne peut pas véritablement lutter contre les faux médicaments si le système de pharmacovigilance n’est pas bien assis parce que c’est par la pharmacovigilance qu’on pourra renforcer le système de lutte contre ces substances », assure Dr Edrène Mampouyath qui officie au ministère congolais de la Santé.

L’initiative congolaise intervient alors que le phénomène de faux médicaments reste proéminent sur le continent en dépit des saisies record qui se font sur le terrain. Selon de récents chiffres, près de 100 000 décès en Afrique sont attribués chaque année au commerce illicite de médicaments.