Brazzaville : le curage des collecteurs naturels un véritable défi pour la municipalité

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L’occupation anarchique et les coûts élevés d’expropriations sont, entre autres,  obstacles à l’exécution des travaux de curage des rivières Tsiémé et Kélé-Kélé à Talangaï, sixième arrondissement de Brazzaville.





Le problème de curage des collecteurs naturels se pose avec acuité dans les grandes villes du Congo. En effet, si Madoukou, dans le cinquième arrondissement Ouenzé et troisième Poto-Poto, ainsi qu’à la Mfoa à Moungali, l’aménagement des berges n’a pas posé trop de problèmes, le curage de la Tsiémé et de Kélé-Kélé constitue un véritable casse-tête pour les autorités municipales.« Aujourd’hui, le vrai problème de la Tsiémé est lié à l’expropriation des gens qui sont situés tout le long. Nous avons de sérieux soucis pour faire passer les engins et aménager cette rivière comme nous avions fait pour Madoukou à Ouenzé et Poto-Poto et à la Mfoa », répondait le maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, à une question d’un chef de quartier de Talangaï.  En effet, financés avec le concours de l’Agence française de développement (AFD), les travaux de curage de la Tsiémé, annoncés depuis près de quatre ans, tardent à démarrer. Ce qui a poussé les services techniques de la mairie et du ministère en charge des Grands travaux et l’AFD à revoir les calculs.

« L’expropriation de la zone de la Tsiémé coûte plus cher que les travaux.  Les études ont déjà été faites, l’argent pour le curage est disponible, mais nous sommes confrontés à la situation économique et financière du pays. Nous sommes en train de voir comment modifier tout, parce que l’Etat ne peut pas payer cet argent. Cela fait près de quatre ans que l’Etat n’arrive pas à dégager l’argent pour cette expropriation qui n’est pas la seule », a poursuivi le maire lors de sa descente à la mairie de Talangaï.




En attendant les grands travaux d’aménagement, les autorités municipales songent à trouver de solutions provisoires afin de soulager  les souffrances de la population, à l’orée des premières pluies. « Les services techniques seront déployés d’ici à septembre pour voir ce que nous pouvons faire pour essayer de soulager tant soit peu les peines des habitants en attendant que l’expropriation se fasse. Nous sommes en train de voir comment trouver les moyens pour vous soulager à certains endroits », a-t-il insisté.

Dans les grandes agglomérations du pays, la restructuration des vieux quartiers est souvent confrontée à l’occupation anarchique des espaces publics. « Nous le savons, même quand l’administration interdit d’occuper ou de construire, dès que le maire ou l’agent technique tourne le dos, on fait monter les édifices, et on vit ce que nous vivons aujourd’hui », a dénoncé Dieudonné Bantsimba.

En effet, après avoir curé le collecteur de la rue du 5-Février à Poto-Poto, le conseil départemental et municipal de Brazzaville est actuellement à pied d’œuvre sur la rivière Kélé-Kélé pour traiter la partie non occupée. Là aussi, la mairie s’est heurtée au comportement incivique de certains citoyens. Les travaux ne peuvent pas démarrer parce que des occupants refusent de libérer la zone, même ceux qui ont été régulièrement expropriés. Un phénomène devenu récurrent dans les villes du Congo où des citoyens bravent à ciel ouvert l’autorité de l’Etat.

Notons que les services techniques municipaux sont également en train de réhabiliter le grand collecteur de Zanga dia ba Ngombé, dans le premier arrondissement, Makélékélé et deuxième Bacongo.