Vols des ordinateurs à l’hôpital de référence de Dolisie

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Les centres hospitaliers du Congo-Brazzaville sont-ils devenus la nouvelle cible des voleurs ? Force est de constater que les vols de matériels médicaux sont de plus en plus fréquents et qu’ils entraînent systématiquement de fortes perturbations dans l’organisation ainsi que des coûts très importants. L’hôpital de référence de Dolisie dans le Niari (sud) découvre au matin la porte de la direction  administrative ouverte et constate la disparition des ordinateurs, les tampons de la direction de cette structure sanitaire et une somme de 40.000 FCFA.




Les équipements dérobés peuvent rarement être remplacés immédiatement. Cela entraine immanquablement des perturbations dans l’organisation, des travaux de réparation, du temps passé dans les démarches d’investigation et administratives, des reports et des annulations de rendez-vous ou d’interventions chirurgicales pour des patients qui se retrouvent ici placés en position de « victimes collatérales ».

Sans nécessairement remonter très loin dans le temps, on observe que les vols de matériels et équipements médicaux deviennent de plus en plus fréquents au Congo-Brazzaville.

Ces vols répondent à un besoin précis sur des marchés parallèles. Selon la police, le matériel volé est revendu dans des cliniques privées, aux commerçantes ambulantes et pharmacies.

En février 2019, des éléments de la Brigade de Gendarmerie de Dolisie ont interpellé six (06) médecins anesthésistes pour leur rôle présumé dans le vol à grande échelle des médicaments à l’hôpital général de la ville préfecture du Niari. Ces médicaments, pour la plupart périmés, ont été vendus aux commerçantes ambulantes et pharmacies de la ville de Dolisie.




En décembre 2019, un receleur des produits pharmaceutiques volés au dépôt de médicaments du CHU de Brazzaville a été appréhendé. Un fait déplorable qui a poussé la direction générale de la structure hospitalière à demander le concours des services de la gendarmerie pour démanteler le réseau des malfaiteurs. La vérification des faits a révélé les noms des trois agents du service de la pharmacie du CHU : Stephen Bokatola, médecin et chef de section réception et stockage, Faustin Mamona, major du même service, et Elvis Awandza, secrétaire du service pharmacie.

Le lieutenant-colonel Victor Gandziami, chef du service central des recherches judiciaires de la gendarmerie, a expliqué au cours d’un point de presse, que les trois impliqués avaient l’habitude de soustraire frauduleusement les produits pharmaceutiques dans le magasin pour les revendre aux commerçants extérieurs.

Chaque lundi, mercredi et vendredi, soit trois fois par semaine, ils subtilisaient les médicaments d’une valeur de 300 000 F CFA pour les revendre à 100 000 FCFA.




Une sécurité à renforcer

Les établissements de santé sont des lieux ouverts au public mais cela n’empêche pas d’en sécuriser les accès, d’être vigilant sur les comportements suspects et de limiter l’entrée à certains secteurs.

Alors que peut-on concrètement faire pour se protéger ?

Alarmes, digicodes, agents de sécurité, caméras de surveillance, font partie du panel de solutions possibles mais aucune n’est complètement infaillible. C’est sans compter sur le fait que ces actes ne sont pas réalisés sous le coup d’une impulsion mais répondent à une préméditation méticuleusement organisée.

Les enquêteurs n’excluent pas non plus une part de collaboration au sein même du personnel, facilitant ainsi la connaissance des lieux et des possibilités d’accéder aux biens convoités.