Visite éclair à valeur de symbole de Félix Tshisekedi à Luanda, avant Nairobi

0
690




C’est la première tournée régionale du président Félix Tshisekedi depuis son investiture, et elle a commencé par l’Angola. Le chef de l’Etat congolais a atterri vers midi et demi à Luanda, pour une rencontre avec son homologue João Lourenço. Une visite express, puisque Félix Tshisekedi se rend aujourd’hui encore au Kenya, pour remercier Uhuru Kenyatta, le seul président qui a fait le déplacement pour sa prestation de serment.

La visite du président congolais à Luanda n’a duré que quelques heures. Un entretien à huis clos entre Félix Tshisekedi et le président angolais João Lourenço au palais présidentiel, un entretien d’une heure suivi d’un déjeuner officiel.

Vint-sept personnes accompagnent Félix Tshisekedi pour ce voyage. Une délégation où les ministres du gouvernement de Joseph Kabila sont bien présents puisque l’ancien ministre des Affaires étrangères Léonard She Okitundu, mais aussi le ministre de la Défense et des Finances du gouvernement sortant en font partie. A la tête du protocole d’Etat par contre le frère aîné de la première dame John Nyekery Kalunga.

Une visite courte, mais qui a valeur de symbole. Difficile en effet d’ignorer le grand voisin angolais, où vit une gigantesque communauté congolaise. L’Angola, important acteur régional s’était aussi clairement positionné en faveur de l’alternance.

C’est par l’Angola que la visite a commencé, mais pour l’entourage du nouveau président, l’étape la plus importante, c’est le Kenya. Pour preuve, le chef de l’Etat congolais devrait passer la nuit à Nairobi. Uhuru Kenyatta est un grand soutien, souligne-t-on dans l’entourage de Félix Tshisekedi. Notamment, car il est le seul chef d’Etat à avoir fait le déplacement pour sa prestation de serment, alors que le président angolais, lui, est de ceux qui ont douté de l’élection de Félix Tshisekedi et appelé à la suspension de la proclamation des résultats. Aujourd’hui « tout est oublié », le voisin angolais s’est dit prêt à coopérer avec le nouveau président congolais.

A Luanda, il s’agissait dans un premier temps de rassurer, après une élection contestée. Comme d’ailleurs à Brazzaville où la tournée doit se terminer mercredi.
Mais chez les voisins de la RDC, on dit d’abord qu’on va écouter Félix et ses sollicitations éventuelles.




Félix Tshisekedi à Nairobi pour remercier Uhuru Kenyatta

Pour Félix Tshisekedi, venir au Kenya, « c’est une façon symbolique de remercier le pays pour son soutien », analyse une bonne source. En effet, fin novembre, c’est à Nairobi que le nouveau président congolais avait scellé son alliance avec Vitale Kamerhe. « Une union qui s’est révélée gagnante », confie un diplomate.
Une dizaine de jours après la proclamation des résultats controversés, le président kényan Uhuru Kenyatta et son principal opposant Raïla Odinga avaient été parmi les rares à féliciter officiellement le nouveau leader congolais.

Le numéro un kényan a même été le seul chef d’Etat étranger présent à l’investiture de Félix Tshisekedi à Kinshasa, là encore avec Raïla Odinga, et une importante délégation d’élus kényans. « Ça l’a marqué et il tenait absolument à faire quelque chose », explique un connaisseur du dossier.

Ce soutien kényan, notamment celui du chef de l’opposition, en avait surpris plus d’un. Lors des élections de 2017, Raïla Odinga n’avait pas de mots assez durs pour critiquer le processus électoral kényan. Mais pour le scrutin congolais, lui aussi mis en doute, l’opposant avait déclaré que le peuple avait parlé et que son choix avait été confirmé par les institutions compétentes.

Avec RFI