Un sommet Poutine-Erdogan en Russie pour tenter de calmer le jeu en Syrie





Écarter la menace d’un conflit direct entre la Russie et la Turquie, et si possible parvenir à un cessez-le-feu dans la province d’Idleb : tel est le double enjeu de la rencontre jeudi 5 mars à Moscou entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan. La rencontre intervient dans un contexte hautement volatile de l’intervention militaire turque en Syrie et les discussions s’annoncent « difficiles ».

L’équation que vont devoir résoudre les deux hommes est loin d’être évidente. Il y a d’un côté la Turquie qui veut faire cesser l’avancée syrienne dans la province d’Idleb, et qui s’estime humiliée par la mort de ses soldats fin février. D’autre part se trouve la Russie, qui n’a aucunement l’intention de lâcher son allié Bachar el-Assad.




Le premier objectif sera d’abord d’éviter une confrontation directe entre les forces turques et la Russie. Car le risque existe, par exemple si un avion de chasse russe est abattu au-dessus de la province d’Idleb. Il paraît toutefois évident que tout sera mis en œuvre pour l’écarter.

 L’autre objectif, affiché celui-là par Recep Tayyip Erdogan, est de parvenir à un cessez-le-feu. Le dirigeant turc veut que Vladimir Poutine demande et obtienne de Bachar el-Assad l’arrêt de l’offensive menée à Idleb. Un cessez-le-feu est évidemment envisageable, mais pour que la situation s’apaise réellement, il faudrait réactiver les accords de Sotchi, négociés à l’automne 2018, et cela s’annonce beaucoup plus difficile.

Il en sera également question d’une proposition turque : l’établissement d’une zone de sécurité au nord de la province, qui serait placée sous le contrôle de l’armée turque avec éventuellement des patrouilles conjointes. Celle-ci permettrait d’accueillir les déplacés. Un accord est-il possible sur ce point entre Moscou et Ankara ? On le saura peut-être dans le courant de la journée.