Téléphonie mobile : l’identification des abonnés pose toujours problème

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L’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE) a mis en demeure, mercredi à Brazzaville, les deux principaux opérateurs de téléphonie mobile de se conformer à la réglementation en vigueur en matière d’identification des abonnés, jusqu’au 16 août 2019.

La sommation du régulateur d’un délai d’un mois fait suite à une enquête réalisée entre le 26 juin et le 2 juillet sur le territoire national, ayant relevé des délits graves des opérateurs et leurs distributeurs ou revendeurs sur la vente des cartes SIM pré-activées et sans identification préalable des abonnés. Sur un échantillon de 359 SIM achetées lors de l’enquête, dont 346 chez les revendeurs et treize chez les distributeurs, 259 ont été achetées sans pièces d’identité. Seule une centaine a été acquise avec des pièces d’identité, soit un pourcentage de plus de 72% de cartes SIM obtenues hors dispositifs sécuritaires mis en place par le régulateur. Par ailleurs, 215 de ces SIM ont été préactivées et seules 144 ont été activées à l’achat.

Selon le directeur des Réseaux et Services de communications électroniques à l’ARPCE, Marc Sakala, qui a présidé la réunion avec les représentants des différents opérateurs, la non-identification des abonnés serait à l’origine des arnaques constatées ces derniers jours sur le service de mobile money. L’enquête a montré sur ce segment que quatre-vingt-huit activations du service mobile money ont été réalisées, soit 33,98% des 259 cartes SIM acquises sans pièces d’identité et 24,51 des 359 cartes SIM globalement achetées.




« Nous avons senti un très fort relâchement de la part des opérateurs de la téléphonie mobile », a expliqué Marc Sakala. Il a rappelé que les dispositions de l’article 130 de la loi de 2009 sur la règlementation du secteur des communications électroniques complétées par d’autres textes « interdisent aux exploitants des réseaux des communications électroniques ouverts au public ou à leurs représentants, au moment de la souscription au service de téléphonie, de vendre des cartes SIM pré-activées et sans identification préalable des utilisateurs ». Pour l’ARPCE, cette situation prouve que les engagements pris en octobre 2017 par les opérateurs, visant à assainir les canaux de distribution par le biais des vendeurs ambulants, n’ont pas été respectés. Des sanctions sont prévues par l’ARPCE au terme de la mise en demeure si l’ordre n’est pas rétabli par les principaux opérateurs concernés, MTN et Airtel notamment.