Sassou Nguesso aime t-il réellement le Sud du Congo ?

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Originaire du Nord Congo, Denis Sassou Nguesso entretient avec le Sud du Congo une relation géopolitique depuis son retour aux affaires en 1997 par les armes.

Denis Sassou-Nguesso, qui cumule trente-deux ans de pouvoir à la tête de son pays, a été réélu dès le premier tour lors du scrutin présidentiel de dimanche avec 60 % des voix, avait annoncé, jeudi 24 mars, le ministre de l’intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou




Considérant que Sassou Nguesso n’a pas fait 100% dans le Nord du Congo, il est clair que ce sont les électeurs du Sud qui contribuent à son élection. Investit Président de la République, Denis Sassou Nguesso ne rend pas l’ascenseur à son électorat du Sud privilégiant à cause du tribalisme qui caractérise son régime le Nord du Congo. Une ingratitude géopolitique selon les congolais du Sud.

Nominations tribales dans l’administration et l’armée

Ayant bâtit son pouvoir essentiellement sur la peur, Denis Sassou Nguesso ne nomme que des originaires du Nord, principalement ceux de la Cuvette à tous les postes de responsabilité dans l’administration, réduisant au second rôle ces votants du Sud.

Le haut commandement militaire est composé à 99% des officiers du Nord. Rien qu’eux sont promus Généraux des forces armées, car pour Denis Sassou Nguesso, les officiers du Sud ne sont que des Idiots et Faux militaires qui ne méritent aucune promotion.

Tous les gouvernements qu’il forme sont formés des ministres issus du Nord dans leur grande majorité.

Bourses d’études tribales

Contrairement à Sassou I, où les compétences primaient lors de l’attribution des bourses études aux étudiants désireux poursuivre leur scolarité hors du Congo, Sassou II par le biais de ses ministres priorisent l’étudiant du Nord à celui du Sud.

Tout se fait dans l’esprit de conservation du pouvoir acquis durement aux champs de bataille. Alors, il faut préparer la relève qui consiste à avoir plus des gens formés que le Sud. Ainsi, sur les plus de 400 étudiants envoyés à Cuba 80% sont issus du Nord. A cela s’ajoute ceux qui sont envoyés au Maroc, en Chine et ailleurs.

Conflits d’intérêts et désordre dans les municipalisations accélérées

Toutes les municipalisations accélérées lancées dans le sud du Congo se sont révélées une grande farce au vu des fonds décaissés et des réalisations sur le terrain. Des enfants du chef de l’Etat et parents ont monté des entreprises fictives pour s’approprier des marchés qu’ils n’ont jamais exécutés sans être inquiétés.




Municipalisation accélérée du Pool
Doté d’un budget de près de 500 milliards de francs Cfa, cette municipalisation avait fait rêvé tous les fils du pool, lesquels voyaient par là une occasion de sortir réellement leur département de l’enclavement dans lequel il se trouve toujours malheureusement. Après avoir orchestré des rebellions dans ce département, le pouvoir a enfin jugé bon son développement.

Hélas ! Le fiasco est total. Les 500 milliards n’ont servi qu’à construire un palais à Sassou avec héliport, un stade de football et quelques artères mal bitumées. Quatre ans après les chantiers des sièges des sous préfectures et préfectures sont encore à la traine.

La route Kinkala – Mindouli est entrain d’être construite avec les fonds européens, tandis que celle de Kinkala-Louingui-Boko est totalement dégradée. Bref, le plus important n’a pas été fait.

Municipalisation accélérée du Niari

La troisième ville du Congo a été l’une des victimes de l’incompétence, amateurisme et boulimie financière du pouvoir de Sassou Nguesso. Ceux qui visitent Dolisie puisque tout n’a été fait que dans cette ville comme si le Niari ne s’arrêtait que là vous diront qu’elle ne ressemble en rien à une ville moderne.

Mais Bouya et compagnie vous diront le contraire insistant sur la modernisation de cette ville. « Dolisie et le Niari ont été modernisés grâce à Denis Sassou Nguesso » diront- ils. Rien d’étonnant, lorsque tout le monde sait que pour un habitant de Tcikapika se faire construire une maison en dur avec des toilettes modernes est un signe de la modernisation de tout le village.

Municipalisation du Kouilou et Pointe Noire

La plus grande escroquerie de toutes les municipalisations accélérées est sans doute celle là. Poumon économique du Congo, seuls 70 milliards ont été débloqué pour sa « modernisation »Le constat de cette municipalisation accélérée en 2015 est palpable. La ville de Pointe Noire est un gros village de plus de 1000000 d’âmes.

Si Pointe Noire est une ville modernisée grâce à la municipalisation accélérée, Mouyondzi est Paris alors. En somme la municipalisation du Kouilou et Pointe Noire a plus consisté à ramener tous les originaires du Nord à occuper tous les postes de responsabilité.

A Pointe Noire presque, tous les motoristes de la police sont du Nord, et que dire même des petits chefs dans l’administration. Il est clair que cette municipalisation a été un moyen de dire aux autochtones «  Vous n’êtes pas à la hauteur de vous gérer, alors on vous ramène des bons gestionnaires du Nord »

Municipalisation de la Lekoumou et la punition de la Bouenza

La région de la Lekoumou n’est pas seulement Sibiti, mais des Près de 500 milliards débloqués à cet effet, seules quelques réalisation se font noter à Sibiti. Comme partout ailleurs, les parents du président de la république se sont adjugé des marchés qu’ils ne finiront jamais. Les districts de Zanaga, Komono, Bambama et Mayeye resteront tels.

Pour avoir été le centre du pouvoir de Pascal Lissouba, le département de la Bouenza et celui qui subit le plus le châtiment de Sassou Nguesso. Véritable grenier du pays, on lui a préféré Ollombo –Oyo pour implanter une zone économique spéciale agro industrielle.

Marien Ngouabi ne cessait de le dire : « Qu’importe que le chef soit du Nord ou du Sud. Aucune région ne peut prétendre se suffire à elle même, aucune tribu ne peut vivre isolée. D’où l’interdépendance des tribus et des régions constitue la nation congolaise que nos voulons indivisible. Seule l’unité nationale dans le travail, dans la démocratie et dans la paix peut assurer à notre peuple des victoires certaines sur le sous-développement »

Vouloir imposer une tribu sur les autres c’est vraisemblablement préparer d’éventuels conflits au vu des frustrations que cela crée. N’entend on pas à Pointe Noire, les autochtones prédirent aux congolais du Nord des lendemains amères après la perte du pouvoir par Sassou Nguesso ?




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