RDC – Fermeture de l’UNIKIN : une manière « d’amplifier la colère » (LUCHA)

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À peine la police de RDC venait-elle de lancer un ultimatum à tout étudiant qui s’obstinerait à rester au campus de l’université de Kinshasa (UNIKIN) à partir de jeudi, que la Lutte pour le changement (LUCHA) a dénoncé la décision.

« La décision de fermer l’UNIKIN et déguerpir les étudiants est insensée, disproportionnée et inhumaine. Il y a moyen de recenser les étudiants sans avoir à vider les homes », a tweeté l’ONG.

Les étudiants de cet établissement public manifestent depuis lundi contre la hausse des frais de scolarité, passant de 275 l’année dernière à 285 dollars cette année. Si on a enregistré des blessés parmi les étudiants, un policier a péri dans des heurts entre manifestants et agents de la force publique.

« Les responsables de la mort mardi d’un policier ne sont pas des étudiants de l’UNIKIN, mais des infiltrés », a déclaré le directeur de cabinet du président de la République Vital Kamerhe au site d’information actualité.cd.

Ainsi, « tout étudiant sera considéré comme un ennemi de la République s’il se trouve encore jeudi à l’université » et fera face à « l’opération de déguerpissement forcé », a prévenu la police dans un communiqué.




Mais si des étudiants ont déjà commencé à quitter la cité universitaire, des médias congolais font état de la hantise de logement pour certains d’entre eux venus des provinces et n’ayant pas de parents dans la capitale.

Ce qui semble conforter la LUCHA dans son analyse. « Au lieu d’apaiser la colère, on l’amplifie. Pas trop tard pour revenir à la raison », a écrit le mouvement « citoyen ».

La LUCHA estime également que ce problème n’est pas spécifique à l’UNIKIN. Et veut des réponses qui puissent concerner toutes les universités publiques du pays. « Les mêmes revendications des étudiants sont exprimées dans d’autres universités à travers le pays : quelles sont les réponses que le gouvernement y apporte ? » , écrit encore la LUCHA.

Selon Vital Kamerhe, le président Tshisekedi devrait « recevoir le comité des étudiants avant le prochain Conseil des ministre vendredi ». Sans doute pour apporter des réponses à ces revendications.

La RDC est coutumière de manifestations d‘étudiants, souvent à cause des conditions d‘études et de réajustement des frais académiques. Et les répressions sont souvent violentes. Comme celle qui a fait en janvier 2019, quatre morts (trois et un policier) à Lubumbashi.

Et la plus emblématique reste celle qui fit de nombreux morts en juin 1971. L’université Lovanium (actuelle UNIKIN) fut fermée et les quelque 2000 étudiants furent enrôlés de force par le régime de Mobutu.