Port autonome de Brazzaville : les occupants des entrepôts boudent la hausse des loyers

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Les dirigeants de l’établissement public ont décidé, à l’issue de leur conseil d’administration, d’augmenter les tarifs du domaine portuaire. La décision a provoqué une levée de boucliers parmi les locataires qui dénoncent une décision unilatérale.

Après des négociations infructueuses avec les dirigeants du port, le collectif des commerçants a saisi le ministère de tutelle qui a demandé aux deux parties de trouver très vite un compromis. Le nouveau plan tarifaire contesté concerne les entrepôts, le terre-plein (les espaces portuaires), les marchandises en transit et surtout les bar-restaurants appelés « boxes ».

Les commerçantes du port sont, en effet, les plus touchées par les nouveaux tarifs. Le port dispose au total de  vingt-deux boxes. Ces commerçantes déplorent la baisse des trafics au niveau du port qui affecte leur commerce. Les clients ne viennent plus comme avant, confie une commerçante sous couvert d’anonymat. « Je vends ici depuis plus de quinze ans. Mais ces derniers temps, nos clients ne viennent plus comme avant ; c’est même difficile de vendre deux bières la journée », a-t- elle regretté.

Le témoignage de cette commerçante est loin d’être un cas isolé. En plus de la baisse des activités, deux autres commerçantes rencontrées sur place critiquent les mauvaises conditions d’hygiène. Les installations ne sont pas équipées de toilettes publiques ni d’eau potable pour les clients. « Les responsables du port veulent augmenter les tarifs mais ils doivent aussi voir les conditions d’hygiène », s’exclament ces femmes.




Le directeur général du port autonome de Brazzaville, Pierre Bossoto, qui tente de calmer les tensions, justifie sa nouvelle grille de tarification. Depuis sa création en 2000, a-t-il dit, l’entreprise publique continue d’appliquer les tarifs fixés sous l’ex-ATC (Agence transcongolaise des communications). « À l’époque de l’ATC, le port de Pointe-Noire et le Chemin de fer Congo Océan (CFCO) supportaient le transport fluvial (…) Avec la dissolution de l’ATC, le port est devenu autonome et supporte seul la TVA qui a grimpé », a indiqué Pierre Bossoto.

En réalité, l’entreprise traverse une situation financière et sociale difficile en partie due à la baisse des activités portuaires et à l’arrêt du CFCO. Sa dette fiscale est estimée à plus de quatre milliards de FCFA et la dette sociale a atteint 1,2 milliard. En plus, l’entreprise a perdu une bonne partie de ses domaines suite à une opération de spoliation menée par l’Etat.

Cette mesure tarifaire, à en croire Pierre Bossoto, vise à sauver l’établissement public. « Nos recettes ne proviennent que du trafic et du domaine.  Les recettes de trafic ont chuté à cause de l’arrêt des activités du CFCO. Il ne nous reste que les recettes du domaine que sont les magasins, le terre-plein et les restaurants », a-t- il souligné.

Le directeur général invite ses partenaires à revenir à la table de négociations pour trouver un terrain d’entente. Il s’est dit disposé à discuter avec les occupants afin de définir les modalités de paiement des plusieurs mois de loyers impayés et l’entrée en vigueur du nouveau plan tarifaire. « Quand vous devez à quelqu’un, venez vers lui pour négocier », a enfin lancé Pierre Bossoto.