Pool : les érosions sur la RN1 en cours de traitement




Le constat a été fait le 6 mai par une délégation du ministère de l’Equipement et de l’Entretien routier, environ trois mois après une mission de suivi et de contrôle de la route nationale n°1 (RN1 bis), tronçon Brazzaville-Kinkala.

Menacée de coupure à divers endroits, la RN1 bis fait l’objet depuis plus d’un mois de réparation en vue de garder en l’état les actifs routiers. Au total, 523.560.960 millions FCFA hors taxe ont été mobilisés pour venir à bout de ces érosions qui menacent cette route.

Le projet mis en chantier par la société Taman Industries Limited permettra de réaliser les remblais des érosions de Koubola au PK21+500, Siassia au PK 13+700, Nguela Tsétséké au PK35+000, situées sur la RN1 bis en son tronçon Brazzaville-Kinkala.




Selon la fiche technique initiée par le ministère en charge de l’Equipement et de l’Entretien routier, ces sites font partie « du bassin sédimentaire du fleuve Congo et la géologie de ces sites est caractérisée par des sols sableux de couverture, marqués par leur finesse et absence de cohésion, d’où leur extrême sensibilité à l’érosion sous l’effet des ruissellements épidermiques et aussi lorsqu’ils sont dégarnis de leur couverture végétale protectrice ». Aussi, poursuit le document, « le développement continu et fulgurant de ces érosions régressives, porte la menace potentielle de rupture imminente de la chaussée revêtue en ces trois sections ».

Aux fins de constater des désordres de nature érosive situés en ces trois points principaux, le ministre de l’Equipement et de l’Entretien routier, Emile Ouosso avait initié, en date du 9 janvier dernier, une visite des points de sinistre menaçant d’interruption le trafic.

Pour ce faire, l’entreprise Taman industries limited a démarré les travaux d’enrayement de ces érosions à partir du point de Nguela Tsétséké, point le plus crucial, avant de s’attaquer aux érosions de Sissia et Koubola.




A Nguela Tsetseke, deux ravins menacent la route, affectant déjà la chaussée. Pour le traitement de ces érosions, il est prévu les remblais de comblement de la ravine, la construction d’une chambre de chute en béton armé, et d’un fossé bétonné de U de section 1.00mx1.00m sur 50m, l’enrochement en gabions à l’extrémité du fossé bétonné, l’exécution du bassin de rétention et des travaux divers qui incluent l’engazonnement et le planting des bambous.

« Nous constatons que le schéma d’aménagement est effectivement mis en œuvre. Nous avons des fossés latéraux qui existaient. A l’aboutissement de ces fossés, nous avons réalisé une chambre de décantation en béton qui permet de recevoir le débit principal des eaux collectées sur la chaussée. Et nous avons une deuxième chambre de décantation. Tout ce principe participe à la dissipation de l’énergie. Dans la continuité, nous avons un émissaire de 50m en béton armé, et à l’extrémité nous avons aménagé un bassin de rétention qui est une surface hydraulique en terre avec des talus, pour éloigner tous les dangers qui menaçaient cette route », a expliqué Lambert Oléa.

Depuis le démarrage des travaux, le préfet du Pool, Georges Kilebe émettait certaines réserves face au dimensionnement de l’émissaire bâti à Nguele Tsetseke. Une question qui a trouvé réponse suite aux avis techniques avancés par le directeur général de l’Equipement, Lambert Oléa en ces termes : « En regardant l’ouvrage tel qu’il se présente on pourrait s’inquiéter sur les dimensions de l’émissaire. Pour le profane, cet ouvrage paraît être un émissaire petit. Ici la surface de récolte des eaux, c’est la chaussée. Les dispositions hydrauliques prises cadrent parfaitement à solutionner le problème qui se posait en ce lieu ».

Un argument soutenu par le chef de mission du BCBTP, mission de contrôle, Hebert Ngoma. Sur le dimensionnement, le chef de mission rassure, mais dans le long terme, ce technicien évoque les contraintes liées au climat, éboulement, affaissement, et érosions.

Suite à cette réponse technique, le préfet du Pool s’est dit confiant et rassuré puisque indique-t-il, « nous sommes en zone rurale et le collecteur principal des eaux c’est la chaussée donc, il n’y aura pas une masse d’eaux. Et il y a pratiquement trois à quatre collecteurs de ralentissement des eaux ».

Sur ce premier site en chantier, à pied d’œuvre depuis plus d’un mois, les ouvriers travaillent avec les moyens du bord, faute d’acheminement du matériel mécanique en cette période de confinement décrété, le 1 er mars dernier, date du démarrage effectif desdits travaux.

Le chantier s’exécute à un rythme appréciable, en témoigne le directeur général de l’Equipement, même si la menace plane toujours tant que les travaux n’arrivent pas à leur terme. Malgré la situation d’urgence sanitaire au Congo qui paralyse nombre d’entreprises dans l’exécution des travaux, la société Taman entend réaliser ces travaux dans les meilleurs délais, notamment trois mois, selon Lambert Oléa.