Pool : pillage de l’or par les ouest-africains soutenus par des généraux à Kimba

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Des individus, en majorité des étrangers, développent depuis plusieurs mois une intense activité d’exploitation des mines d’or dans la sous-préfecture de Kimba, dans le département du Pool. Selon les habitants qui accusent également les autorités locales de complicité, un jeune originaire du district de Kingoué serait mort enseveli à cause de l’éboulement.  





Face à cette situation, la population qui avait déjà tiré la sonnette d’alarme depuis le mois de mars en alertant les autorités, se dit n’avoir pas été écoutée. « La population du district de Kimba ne sait plus à quel saint se vouer pour arrêter le pillage de cette matière première, causant ainsi un déficit financier de centaines de millions au Trésor public pour n’enrichir que de tierces personnes », dénoncent les habitants.Selon des témoignages, à Kimba la situation se dégrade de plus belle. En effet, ces exploitants illégaux usent du trafic d’influence en citant les noms de certaines autorités gouvernementales pour développer leur activité. Au total, plus de 600 km2 sont exploités par ces orpailleurs. Sur le terrain, on signale la présence de plus de 700 travailleurs et plus de 20 machines de drumage y compris des poclains.




La population reproche également à ces exploitants la non-obtention du permis d’exploitation, malgré les assurances des autorités locales. « La problématique de l’exploitation de l’or dans le district de Kimba devient à nouveau, sans nul doute, un véritable commerce dont la gestion frauduleuse et illégale ne fait qu’en profiter à des personnes se réclamant propriétaires terriens, ceci avec la complicité de certains commis de l’Etat en poste dans cette localité »,  a dénoncé un habitant de Kimba en séjour à Brazzaville.Des propriétaires terriens se mêlent dans l’affaire

Comme il fallait s’y attendre, ces orpailleurs en majorité Ouest-Africains usent sur le titre foncier de certains propriétaires terriens pour justifier la légalité de leur action. Ces documents sont d’ailleurs contestés par d’autres habitants de Kimba qui dénoncent une occupation anarchique de leur espace. Des divergences ont permis aux uns de traduire les autres en justice, notamment au tribunal de Kindamba où la première audience a eu lieu en juillet-août dernier et la prochaine ce 24 septembre.




La population dénonce, en outre, la pollution des eaux et l’occupation anarchique des terres au moment où l’Etat et ses partenaires au développement investissent dans la création des groupements des jeunes pour l’exercice des métiers de l’agriculture et de l’élevage. « Beaucoup de groupements de Kimba ont obtenu des subventions, comment vont-ils faire s’ils n’ont pas d’espaces pour cultiver et faire l’élevage avec la pollution ? », s’est interrogé cet habitant qui requiert l’anonymat.

Notons que la direction générale et la direction départementale des Mines du Pool avaient effectué une inspection sur ce site d’exploitation illégale le 6 mars dernier pour s’imprégner de cette réalité. Les habitants présageaient déjà une lueur d’espoir, mettant ainsi fin à ce business développé avec la complicité de certains natifs de Kimba. Hélas ! Au fil des temps, l’activité a pris une ampleur considérable au point de susciter de plus en plus des interrogations. « Nous ne comprenons pas pourquoi le ministère de l’Environnement et celui des Mines et de la Géologie qui, pourtant, sont au courant, ne font absolument rien pour arrêter cette exploitation », s’interrogent les habitants.