P/Noire-Couvre-feu : des filles arrêtées obligées de faire la patrouille avec les policiers de 20h à minuit

0
717




Une dizaine de filles interpellées après 20h par les policiers ont été contraintes de les accompagner près de 4 heures dans la ville dans leur patrouille. Une façon pour le chef de la patrouille de les sensibiliser pour ne plus se faire avoir la prochaine fois et de respecter la décision des autorités. En cette première nuit de couvre-feu, nombreux sont les habitants de la ville océane qui ont du mal à se plier au respect de la mesure.La bonne foi du chef de la patrouille a épargné ses filles d’un paiement de 5000 fcfa. Chacune d’elles a été accompagnée dans son quartier respectif un peu vers minuit.




Hortense Mabiala, 25 ans et employée dans une société de télécommunications de la ville,a été interpellée vers Tchibamba alors qu’elle regagnait son domicile au quartier Malala. Malgré ses explications et supplices, elle a été embarquée dans le véhicule et a vu comment neuf autres filles la rejoignaient.

« Ces policiers n’ont pas du tout été méchants avec nous, bien au contraire, ils se sont moqués de nous toute la nuit. On a quand-même rigolé avec eux malgré le stress » raconte Sonia Tchicaya, interpellée vers la base.




Les autorités ont décidé de ramener le couvre-feu de 20h à 5h du matin suite à un rebond des cas de Covid-19 dans les deux plus grandes villes du pays. Les populations se sont relâchées après la l’allégement du même couvre-feu et levée du confinement. La communication néfaste de l’équipe de riposte est aussi l’une des causes de ce relâchement bien que personne n’ose les sanctionner.

Le Congo compterait à ce jour plus de 3000 cas pour prés de 50 décès. Les populations ont été abandonnées à leur sort depuis le début de la pandémie, et les autorités n’ont que le durcissement du couvre-feu comme solution, qui s’avère aussi insuffisante.




Pour cette première nuit du couvre-feu, on peut dire dans l’ensemble que la police n’a pas été sauvage comme dans ses habitudes et a privilégié la communication avec les réfractaires, priés de les accompagner dans la patrouille pour mieux comprendre leur travail. « C’est le premier jour et il était évident que certaines personnes se dépistent, alors il nous revenait d’attirer juste leur attention au lieu de la punition » a martelé le chef de la patrouille.