P/Noire: 138 agents de Apave Congo jetés dans la rue




138 agents de la société APAVE CONGO abandonnés à leur triste sort, après que les membres de la direction générale de cette entreprise aient quitté discrètement le pays avec la complicité du tribunal de commerce et de l’inspection du travail..




Comme vous le savez tous ou presque, le droit du travail regroupe un ensemble de normes législatives qui régissent les droits et les devoirs de l’employeur et de l’employé. Cette branche du droit social à pour vocation de veiller à la fois au respect des conditions de travail et à l’information des travailleurs du secteur privé.
Malheurement, au Congo Brazzaville, force est de se poser la question de savoir, qu’est ce qui reste d’une république, quand tous les droits sont violés par ceux qui étaient sensés veiller et les faire appliquer ?




Pointe-Noire, capitale économique du Congo Brazzaville souffre de la complaisance, pour ainsi dire de la complicité des institutions judiciaires (Tribunal du Commerce) et de la réglementation des droits du travail (inspection du Travail), qui laissent filer sur la pointe des pieds, bon nombre d’entreprises étrangères installées au Congo, qui pourtant ont réalisé d’énormes bénéfices, pendant plusieurs décennies, créant derrière elles, des scandales économiques aux conséquences tragiques pour de nombreuses familles congolaises.
Au nombre des licenciements abusifs en série enregistrés à Pointe-Noire et des cessations brutales d’activités non justifiées, des entreprises s’ajoute APAVE CONGO, une filiale de APAVE INTERNATION, qui a mis sa clé sous le paillasson de manière incognito et ce à la grande surprise des travailleurs, au total 138 familles congolaises, de plus, abandonnées sans paiement total des droits.




En rappel, Depuis les 18 et 19 octobre 2018, la Direction APAVE Internationale par le biais du Directeur de la société APAVE CONGO, GUEYE Ababacar, avait entrepris de faire disparaître toutes traces financières en retirant les documents comptables et administratifs présents à Pointe-Noire et Brazzaville par la société de déménagement AGS.
Le dimanche 21 octobre de la même année, alors que tout le personnel est en repos, le Directeur de la société s’est fait le malin plaisir de faire sceller le blockhaus de stockage des sources radioactives en compagnie d’un huissier de justice (Maître Carole MOUDILOU) et d’un certain expert envoyé par l’APAVE Internationale (Jean Pierre GALLOUEDEC) puis de prendre le vol la nuit même en toute discrétion.
Le constat étant fait le lundi 22 octobre quand le personnel arrive au travail, une série de correspondances vont s’ensuivre entre les collaborateurs APAVE CONGO-APAVE internationale et les autorités Congolaises pour en savoir les raisons, des correspondances restées malheureusement sans suite. Le Directeur qui, aux informations reçues de ses collaborateurs les plus immédiats, était parti en congés pour rentrer un 11 novembre, va donc faire retirer deux disques durs du serveur qui permettaient la sauvegarde des données pour toutes les opérations réalisées.
Dès lors, toutes les tentatives de communication (par téléphone et/ou mails) se sont trouvées infructueuses, plus ne répondait.




Les travailleurs, qui n’ont plus eu d’information sur la prolongation de l’absence du Directeur suite au non payement des salaires et de la résiliation du contrat de couverture médicale avec la clinique Netcare, ont entrepris des démarches pour en savoir un peu plus.
Découvrant que Monsieur GUEYE ABABACAR avait finalement fui laissant les travailleurs à leur triste sort sans émolument, ceux-ci se sont vus être abusés.
Comme on peut le comprendre, toutes les démarches de la direction se sont faites de manière clandestine sans que les partenaires sociaux et/ou le personnel ne soient mis au parfum. Les travailleurs sont donc délaissés en pleine période des fêtes de fin d’année.
Les travailleurs ont ainsi, entrepris les démarches jusqu’à découvrir que la Direction avait saisi le tribunal de commerce en date du 09 octobre aux fins de déclarer la société en état de « cessation de paiement ».
Le dossier de la direction étant déposé et mis au suivi par le cabinet CARLE, convaincu du guet-apens, les travailleurs se sont vus obligés de consulter le cabinet MENDES, pour une intervention volontaire afin de faire suivre le cours de la procédure judiciaire qui a été d’ailleurs violé d’entrée de jeu. Avant que les relevés de conclusions du tribunal ne soient proclamés, voilà que Monsieur GUEYE ABABACAR fait irruption pour communiquer-depuis la France- par courrier électronique aux clients sur « le redressement de la compagnie qui selon lui était « irréversible » et qu’il n’entendait plus continuer les activités au CONGO pour « cessation de payement ».
Sans notifier les partenaires sociaux et partant le personnel, la risée est sur la loi Congolaise et ses citoyens qui sont ainsi pris en minorité devant des sujets français qui by-passent la Réglementation Congolaise et ses us et coutumes.
Fin 2017, une commission de litiges se prononce pour un avis défavorable concernant le licenciement pour cause économique de quarante-huit (48) collaborateurs. Ensuite, en septembre 2018, une seconde commission de litiges se prononce pour un avis favorable sur le licenciement de vingt-et-un (21) travailleurs pour cause économique. Seulement, sans notifier les collaborateurs à ce jour, la Direction CETE APAVE CONGO s’est détournée de l’inspection du travail, et ce dans l’objectif de ne pas payer les droits conventionnels et primes de bonne séparation, pour déposer un dossier au Tribunal de commerce aux fins de faire constater la « cessation de payement et le projet de liquidation de l’entreprise ».




Pourtant, plusieurs années durant, APAVE Congo a tout au moins, dans une récente période sur cinq ans par exemple, de 2013 à fin septembre 2018 réalisé un chiffre d’affaire de plus de 60 millions € et remonté 201.219 € par mois ; soit plus de 12.042.682 € sans compter les frais de siège de l’ordre de 5% de la production mensuelle estimée entre 609.756 € et 914634 €. Une véritable fuite de capitaux. Sachant qu’en 2015, la société avait réalisé un surplus et qu’un bonus avait été octroyé aux travailleurs et que le parc automobile avait été également rénové, soit quatorze véhicules.
La surprise générale des agents, était de constaté que les membres du tribunal de commerce avaient décidé de façon unilatérale de prononcer une liquidation judiciaire de l’entreprise sans observer au préalable la procédure (Cf. Conclusions du Ministère public). Pourtant dans le même temps, la société IS (Institut de soudure) de droit Français qui a évoluée dans le même secteur d’activités venait de fermer, respectant la procédure et s’est séparée de ses travailleurs sans bruit donc payants les droits des travailleurs.
Autre fait, le syndic liquidateur mis en place, dont le mandat a expiré le 08 mai 2020 est très vite passé en action sans prendre attache avec les acteurs principaux de ladite société qui sont les travailleurs.
Par Christian Perrin