Piotr Pavlenski, l’homme derrière les déboires de Benjamin Griveaux?

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C’est un Russe, l’artiste contestataire Piotr Pavlenski, qui aurait mis en ligne les vidéos qui ont précipité la fin de la candidature de Benjamin Griveaux à la mairie de Paris. Selon le quotidien français Libération qui lui a parlé, l’artiste affirme tenir ces vidéos « d’une « source » qui avait une relation consentie avec Benjamin Griveaux »

Piotr Pavlenski est loin d’être un inconnu, à la fois des milieux artistiques et des services de police en Russie, comme en France, rapporte notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot.

Ses œuvres contestataires, provocatrice lui ont déjà valu, non seulement une notoriété internationale, mais aussi d’avoir été condamné à la fois par la justice russe et par la justice française.

Originaire de Saint-Pétersbourg, aujourd’hui âgé de 35 ans, Piotr Pavlenski se fait connaître en 2012, en se cousant les lèvres en soutien aux Pussy Riot. L’année suivante, il se cloue la peau des testicules sur la Place Rouge, pour dénoncer, dit-il, l’apathie et l’indifférence politique en Russie.




En 2016, lors de son premier passage en prison, il met le feu aux portes du FSB, le siège des services de sécurité russes. Accusé d’agressions sexuelles dans son pays, il demande, et obtient, l’asile en France en 2017. Loin de s’assagir, nouveau coup d’éclat : il met le feu à une succursale de la Banque de France sur la place de la Bastille, à Paris et fera un séjour d’un an de prison.

C’est donc un personnage atypique, une personnalité sans concession, un artiste qui s’inscrit dans le même courant actionniste que les Pussy Riot. Pour lui art et politique sont intimement liés et chacune de ses actions a pour objectif d’entraîner une réponse des autorités, le plus souvent une réponse policière et si possible judiciaire. A ses yeux, cet art politique doit être plus proche du terrorisme que de l’opéra, selon une déclaration faite l’été dernier au New York Times.