Nigeria : un candidat à la présidentielle promet de protéger les homosexuels

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L’ancien gouverneur de l‘État de Cross River au sud-est du Nigeria entend dépénaliser l’homosexualité au cas où il est élu président du Nigeria en 2019. Mais, une loi nigériane de 2014 punit sévèrement l’homosexualité

Qui dit que la campagne pour la présidentielle de 2019 au Nigeria n’a pas encore commencé ? En tout cas, pas Donald Duke.

Invité ce lundi 27 août à une émission de télévision, l’ancien gouverneur de l‘État de Cross River au sud-est du Nigeria (1999-2007) a abattu ses premières cartes qui lui baliseront le chemin qui mène au palais présidentiel Aston Rock Villa d’Abuja.

L’un des points essentiels de son projet de société ? La dépénalisation de l’homosexualité. « Je ne comprends pas leur sexualité. Mais je ne les criminaliserai pas. Je vais m’assurer qu’ils (homosexuels, NDLR) ont la protection de la loi », a indiqué Donald Duke.

Amender ou suprimer la loi anti gays ?

Une loi nigériane promulguée en 2014 par le gouvernement Goodluck Jonathan interdit le mariage ou l’union civile des personnes du même sexe. Elle prohibe aussi la célébration de ce mariage dans les lieux de culte et l’enregistrement des sociétés et des clubs homosexuels.




Une loi qui n’est pas de nature à caresser les gays dans le sens du poil. Le texte juridique prévoit par exemple une peine d’emprisonnement de quatorze ans à l’encontre de toute personne qui contracte un mariage ou une union homosexuelle. Toute participation directe ou indirecte à un club d’homosexuels donne droit à une peine d’emprisonnement de dix ans.

Toutefois, Duke se veut protecteur des mœurs nigérianes. Les homosexuels n’auront pas la possibilité d’exprimer publiquement leur affection, car cela « constitue une atteinte aux normes de la société », selon l’homme politique.

Mais, dans un pays dont le peuple semble jaloux de ses traditions comment réagiront les Nigérians à cette annonce ? Duke a néanmoins une réserve ou encore une base électorale plus ou moins sûre. Reste à savoir quelle est l‘étendue de cette base dans un pays de plus de 100 millions d’habitants.