Navigation Congo/Oubangui : l’appui financier de la BDEAC peine à se concrétiser




La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a accordé depuis octobre 2015 une subvention de 4,5 milliards FCFA, destinée à faciliter le trafic fluvial notamment entre Brazzaville et Bangui. Mais cinq ans, ce financement n’est toujours pas versé laissant l’opérateur d’entretien fluvial à bout de souffle.





Le Groupement d’intérêt économique pour le service commun d’entretien des voies navigables (GIE-SCEVN) est l’opérateur mis en place par le Congo et la Centrafrique. D’après le coordonnateur du GIE-SCEVN, Alexis Dekoïsset, l’appui financier de la BDEAC devrait contribuer à l’amélioration du transport fluvial en Afrique centrale et surtout des échanges commerciaux entre les deux pays.Une bonne partie de la subvention est réservée au renouvellement de la flotte du GIE-SCEVN par l’achat des matériels consommables et moteurs.  « Nous avons prévu 3 milliards FCFA pour les matériels et le reste est destiné aux travaux d’entretien des épis sur la rivière Sangha, l’assistance technique et la formation du personnel navigant », a indiqué Alexis Dekoïsset, lors d’une rencontre à Brazzaville avec la ministre des Transports, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas.




Le coordonnateur du GIE-SCEVN, qui présentait l’état des lieux de la structure interétatique, a sollicité l’appui de la ministre congolaise des Transports en vue d’obtenir un déblocage rapide de la subvention auprès de la BDEAC. « Telles que les choses sont parties sans appui financier les années à venir vont être très difficiles pour la voie navigable. Nous n’avons pour l’instant que trois baliseurs, deux dragues, cinq pousseurs, onze chalands, trois bacs à déblais automoteurs, huit vedettes qui nécessitent des entretiens réguliers », a-t- il ajouté.

Outre le financement de la BDEAC, le GIE-SCEVN réclame le paiement de ses créances estimées à plus de 2 milliards FCFA, dont 1,3 milliard à l’État congolais pour services rendus, 562 millions FCFA à la Société nationale des pétroles du Congo. La structure doit aussi surmonter de nombreuses tracasseries dans la collecte des redevances fluviales sur les produits aux divers ports de Brazzaville, une taxe qui lui revient normalement de droit.

Prenant note des doléances des dirigeants du GIE, la ministre des Transports, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, s’est montrée rassurante sur la relance du secteur du transport fluvial. « La situation du GIE nous préoccupe. Au-delà des obstacles, nous avons l’espoir d’y arriver », a-t- elle estimé.