Mozambique : l’appui militaire de la SADC attendu pour chasser les djihadistes

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Des islamistes radicaux affiliés au groupe Etat islamique multiplient depuis près de trois ans des attaques meurtrières dans la province du Cabo Delgado (Nord) à majorité musulmane, qui ont fait plus de 1.500 morts et plus de 250.000 déplacés. Malgré des renforts militaires et, plus récemment, le recours à des mercenaires étrangers, le gouvernement de l’actuel président Filipe Nyusi n’est pas parvenu à ramener l’ordre.





Au moment où les Mozambicains comptent sur le soutien des pays de la région pour chasser les insurgés qui se sont récemment emparés du port de Mocimboa da Praia, les pays de la Communauté de développement des pays d’Afrique australe (SADC) se contentent jusqu’à ce jour à apporter « un timide soutien » à Maputo. Ils expriment, sans joindre l’acte à la parole, la « solidarité de la SADC et l’engagement de cette dernière à soutenir le Mozambique dans son combat contre le terrorisme et les attentats violents ».Attaqué pour la troisième fois cette année, le port de Mocimboa da Praia, se trouve à environ 80 km au sud de la péninsule d’Afungi qui abrite d’importantes installations pour le développement de gaz naturel liquéfié. Ce port est actuellement utilisé dans le cadre des activités gazières, d’où son importance dans la région.

Le peuple mozambicain déplore le fait que malgré les risques d’extension du conflit à d’autres pays de la région, les voisins du Mozambique refusent d’y intervenir militairement, comme ils l’avaient fait en 2017 au royaume du Lesotho.

Pour Calton Cadeado, un chercheur au Centre d’études internationales et stratégiques, basé à Maputo, le Mozambique a besoin de l’aide de ses voisins pour lutter contre l’agression djihadiste. « Je comprends bien que le Mozambique soit réticent à demander le soutien de pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni, mais il devrait faire appel aux pays de la SADC, comme par exemple la Tanzanie », estime-t-il.




L’insurrection djihadiste menace l’exploitation des réserves de gaz

De son côté, Liesl Louw-Vaudra, une analyste de l’Institut sud-africain pour les études sur la sécurité pense que l’inaction des Etats de la région est « très décevante ». « Ils auraient pu nommer des émissaires (…) une mission d’étude, parler de la crise humanitaire mais il n’y a rien de la sorte (…). Il en ressort l’impression que le Mozambique doit encore se débrouiller seul », dit-elle, en référence aux conclusions du dernier sommet par visioconférence des chefs d’Etat de la SADC.

Linsurrection djihadiste menace de retarder le coup denvoi de lexploitation des gigantesques réserves sous-marines de gaz situées au large du Cabo Delgado, un des plus gros investissements en Afrique auquel participent les groupes français Total et américain Exxon Mobil.




Dans le but de sécuriser son mégaprojet gazier, Total a signé un accord avec le Mozambique. Par ce texte, les installations de la structure utilisée pour le forage des puits, situées dans le Nord du pays, agité par une insurrection djihadiste meurtrière seront protégées. A ce sujet, l’accord prévoit la création d’une « force conjointe » qui « sera chargée d’assurer la sécurité des activités du projet (…) sur le site d’Afungi et autour ».

Le responsable local du groupe français, Ronan Bescond, ne cache pas sa satisfaction après la signature de l’accord par Maputo et Total. « Nous nous réjouissons du soutien du gouvernement mozambicain en vue de la réussite du projet en toute sécurité », affirme-t-il.

En fin juillet, la société pétrolière française avait annoncé la signature d’un accord de financement de 13 milliards d’euros pour son projet d’exploitation d’importantes réserves sous-marines de gaz, découvertes au large de la province du Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie.