Migrants secourus en Méditerranée: «chaque jour à bord est un jour de trop»

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Depuis dix jours, 60 migrants sont accueillis sur le bateau de l’ONG Sea Eye. À bord, les conditions de vie sont plus que difficiles : le bateau n’est censé accueillir que 20 personnes et les membres d’équipage sont à bout. La France se dit prête à accepter 20 personnes sur son territoire et l’Allemagne se déclare « prête à prendre sa part », mais le navire humanitaire continue d’errer en Méditerranée, faute d’une autorisation de débarquer.

« Le plus urgent, c’est de laisser les personnes débarquer. De leur accorder la protection qu’ils méritent et surtout à laquelle ils ont droit », s’impatiente Carlotta Weibl, porte-parole de Sea Eye. Elle appelle les États européens « à trouver une solution rapidement ou même de s’assurer d’abord que les migrants », à bord depuis le 3 avril, « sont placés en sécurité puis de reprendre leurs négociations politiques ».

Le navire Alan-Kurdi – baptisé par l’ONG allemande en hommage au petit Syrien retrouvé noyé sur une plage turque – héberge 64 migrants, secourus au large de la Libye. L’Italie, par la voix de son ministre de l’Intérieur d’extrême-droite, Mattteo Salvini, a estimé que c’était à Berlin de les prendre en charge.

Le navire a alors mis le cap sur Malte et espère qu’un accord de répartition va être trouvé entre les États d’Europe. Mais les négociations en cours « ne doivent pas se faire sur le dos des migrants » met en garde Carlotta Weibl.




Le temps presse

Pour l’instant, si Sea Eye est en contact avec le ministère allemand des Affaires étrangères, « à chaque fois, ils nous disent qu’ils sont en négociations avec la Commission européenne ». Quant à la France, elle a annoncé vouloir accueillir vingt personnes, mais « rien d’officiel » n’a été notifié à l’ONG.

Pourtant, le temps presse, le navire n’est pas fait pour avoir autant de monde à son bord et les conditions de vie sont difficiles. « Chaque jour passé à bord est un jour de trop », s’inquiète Carlotta Weibl. « Nous ne pouvons pas attendre encore des jours durant. »