Mbochi comme le grand tribale Sassou, Sheryl Gambo se dit victime du tribalisme des sudistes

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Injuriée, traitée de tous les noms parce qu’elle chante en mbochi, l’artiste congolaise Sheryl Gambo sort de sa réserve pour dénoncer ces comportements tribalistes qui ont cours au Congo. Dans un post publié sur son profil Facebook, Sheryl Gambo retrace son histoire et dit son admiration pour les aînés qui avant elle on valorisé les langues maternelles pour magnifier la musique congolaise. « Je réalise qu’on ne me regarde pas comme une simple artiste chantant en lingala, en français, en mbochi, la langue de mes parents, comme l’ont fait mes aînés Angélique Kidjo,Tshala Muana, Baaba Maal, Rapha Bounzéki, etc« . Récit.

J’ai commencé à chanter depuis ma tendre enfance. Je ne saurais dire à quel âge précisément. J’ai commencé à chanter à la maison pour mes frères et sœurs, pour mes amis dans le quartier et à l’école. Puis ma mère m’a fait intégrer une chorale, à 13 ans, afin que je puisse canaliser mon énergie dans le chant. Ensuite, j’ai rejoint Majestic Bamba, un groupe de jeunes passionnés de musique qui m’a permis de faire ma première grande scène lors de la première édition du FESPAM, alors que j’étais à peine majeure. Nous chantions par plaisir et par simple passion sans considérations ethniques. C’est plus tard qu’un producteur, que je ne connaissais pas, s’est intéressé à moi et a décidé de me produire.
Dès la sortie de mon premier album, moi qui étais contente de partager ma passion à un public plus large, je commence à recevoir un torrent d’injures tribales. J’ai découvert avec stupéfaction que mes chansons qui pourtant portaient et portent sur la paix, l’amour, la famille, Dieu et l’environnement étaient politiques. 





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Capture d’écran d’un commentaire posté sur une vidéo de Sheryl Ngambo


Moi qui suis issue d’une famille où les gens gagnent à la sueur de leur front, une famille où il n’y a aucun homme politique, je commence à recevoir des injures tribalo-ethniques de congolais de petits esprits ; je commence à entendre des insinuations même par certains collègues artistes qui pourtant chantent les louanges des hommes politiques pour avoir l’argent. Moi qui ne fais jamais les ″mabangas″ (dédicaces) aux hommes politiques, moi qui ai pour principe de ne pas inclure des noms d’hommes politiques dans mes textes ; moi qui travaille avec tout le monde, quelle que soit l’ethnie, avec la préoccupation de valoriser les talents de chacun et de toujours faire le nécessaire pour que chacun puisse être satisfait, je réalise qu’on ne me regarde pas comme une simple artiste chantant en lingala, en français, en mbochi, la langue de mes parents, comme l’ont fait mes aînés Angélique Kidjo,Tshala Muana, Baaba Maal, Rapha Bounzéki, etc. 

Moi qui pourtant ai plusieurs fois refusé de composer des chansons de campagnes électorales pour les hommes politiques de la majorité et de l’opposition, malgré d’importantes sommes d’argent qui m’ont été proposées.




J’ai sorti mon premier album il y a 10 ans et cela fait dix ans que je reçois, sans brancher, des injures tribales. Peut-être qu’un jour je sortirai un livre qui sera la compilation d’injures reçues simplement parce que le sort a décidé, comme tout congolais, que je naisse dans une certaine ethnie et que Dieu m’a donné la chance de savoir poser ma voix sur des notes musicales.
Chers compatriotes tribalistes, vous qui dénoncez le tribalisme en utilisant un discours tribal, vous ne rendez pas service à ce pays que vous prétendez aimer.

#HâlteAuTribalisme

Sheryl NGAMBO