Maya Maya : territoire exclusif de corruption des policiers et douaniers

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La mauvaise conscience ajoutée au mauvais traitement dont souffrent les fonctionnaires d’État sont parfois à la base du comportement indigne qu’ils affichent. L’exemple vient d’en haut disent certains d’entre eux qui ont transformé l’aéroport international de Maya Maya en un véritable centre d’affaires pour rallonger leurs fins des mois.

Les douaniers et policiers en fonction à l’aéroport international de Maya Maya ont développé un système de corruption particulier dont les victimes sont les usagers. Un aéroport est la vitrine d’un État et de ce fait donne à l’étranger dès son arrivée une idée du pays qu’il visite.

Au départ du pays, on est déjà imprégné des us et coutumes du pays qu’on quitte, mais à l’arrivée on ignore le plus souvent tout du pays qu’on visite. Et le comportement du personnel opérant dans un aéroport aide dans cette approche.

Vétuste si peu, l’aéroport international de Maya Maya a bénéficié grâce à la municipalisation accélérée d’une réhabilitation et modernisation qui malgré sa non délocalisation lui donne quelques étoiles. Ce changement de statut devrait être accompagné d’un changement drastique des mentalités vécues dans l’ancien terminal datant de l’époque coloniale.

A l’inauguration du premier terminal par le chef de l’État lors des festivités marquant le cinquantenaire de l’indépendance du Congo, les autorités aéroportuaires annonçaient une série de mesures visant à rendre plus pratique cet établissement. Selon les propos entendus, les voyageurs empruntant cette structure devaient bénéficier de facilités parmi lesquelles la disponibilité et le professionnalisme du personnel.




Contrairement à l’ancien terminal qui était devenu un lieu de business, le nouveau Maya Maya qui ambitionne de devenir un hub important dans la sous région devrait être un modèle de bonne gérance avec un personnel compétent et exemplaire. Car tant de millions investis devraient justement contribuer au changement de mentalités.

Dans son chemin vers l’émergence le Congo ne doit il pas montrer une autre image de celle négative qui la catalogue ?…La réalité montre autre chose dans cet aéroport.

Si les douaniers n’hésitent pas à demander du Jus aux voyageurs, les policiers eux profitent de la naïveté de certains voyageurs pour leur reprocher une infraction qui résout se aisément en quelques billets de banque. Une femme se rendant au Maroc s’est vue sommée par un policier de lui payer la somme de 30 000 frs CFA, pour la raison fallacieuse qu’elle ne disposait pas d’une carte d’invitation marocaine.

Comme si cela relevait de sa compétence. Cette même carte d’invitation est délivrée au Maroc moyennant 200FCFA. Alerté par un autre voyageur, le chef de poste rappela son collègue à l’ordre. Car la victime de cette escroquerie n’était entre autre que l’épouse d’un dignitaire du régime.




Par ailleurs un autre voyageur a dû débourser quelques billets de banque pour se débarrasser d’un policier qui jugeait suspect un cachet des services d’immigration béninois sur son passeport.

Les fonctionnaires sont-ils mal payés ou simplement malhonnêtes ?

L’arrivée des vols en provenance de Cotonou, Addis Abeba ou Dubai est le préféré des douaniers qui trouvent là une aubaine pour de se faire un surplus à travers les faveurs accordées aux passagers pour leurs marchandises.

Les marchandises ne passent pas par les voies administratives légales et sortent de l’aéroport escortés par le douanier en deal avec le passager. Celui ci s’occupe du douanier qui cause du tort à l’Etat.

Le douanier justifie cet acte par la solidarité congolaise, mais et surtout le mauvais exemple de la hiérarchie qui ferait de même avec leurs connaissances. Ce ping pong s’est enraciné dans toute l’administration douanière.

L’exfiltration des clandestins à l’arrivée

Nul n’ignore que les frontières congolaises sont perméables malgré la présence parfois des agents de la police des frontières. Un clandestin a le choix entre les traverser en toute illégalité sans être inquiété ou corrompre les policiers et les y franchir en toute quiétude.

A l’aéroport international de Maya Maya, il suffit juste à l’étranger à son arrivée d’être en possession de la somme de 150000 frs Cfa pour se voir autoriser l’entrée par ceux là même qui ont appelés à les y refuser pour non-conformité avec les règles migratoires congolaises.

Un business juteux entre les policiers et quelques sujets Ouest africains et congolais. Généralement, les noms des passagers n’étant pas en règle et la somme requise sont donnés aux policiers par l’intermédiaire vivant à Brazzaville.

Apres un semblant de contrôle les passagers sont exfiltrés de l’aéroport pour rejoindre les intermédiaires à l’extérieur. Et ceux-ci se chargent de les acheminer vers leurs familles ou communauté moyennant somme trébuchante et sonnante.