Martin Fayulu appelle à une résistance pacifique

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Le leader de Lamuka a invité la population à la « résistance pacifique » contre ce qu’il qualifie de « putsch électoral » de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), en complicité avec la Cour constitutionnelle. Il a demandé à la communauté internationale de « ne pas reconnaître le gouvernement nommé par Joseph Kabila ».   

C’est un Martin Fayulu requinqué par la ferveur populaire qui s’est présenté, le 2 février, à la place Sainte Thérèse de N’Djili. Devant ses partisans venus nombreux, le candidat malheureux à la présidentielle du 30 décembre 2018 est longuement revenu sur la vérité des urnes, ce crédo qui le tient à cœur depuis sa défaite électorale et qu’il entend matérialiser avec le concours de la population. Se considérant comme le président de la République élu, Martin Fayulu entend s’appuyer sur la population qu’il veut voir contribuer à cette quête de la vérité dans un élan de non violence.

« Je vous appelle à la résistance pacifique. Organisez-vous dans des quartiers, districts, provinces pour résister. De temps en temps, nous viendrons participer aux actions politiques. J’irai dans les différentes provinces. On ne peut pas bâtir la nation sur la base des mensonges mais en se fondant sur la vérité. Nous devons exiger la vérité des urnes. Nous irons jusqu’au bout dans cette recherche de la vérité. Résistance pacifique veut dire ne pas écouter celui que vous n’avez pas élu », a-t-il expliqué. D’après lui, une fois acquise, cette vérité des urnes devra compenser les efforts des différentes personnalités qui ont lutté pour l’avènement de la démocratie, notamment Etienne Tshisekedi à la mémoire de qui il a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence. « N’obéissez pas à l’ordre de celui que vous n’avez pas choisi », a-t-il insisté en substance.

Poursuivant sur la même lancée, le candidat de Lamuka à la présidentielle a expliqué pourquoi il a refusé la main tendue de Félix Tshisekedi qui, d’après lui, a trahi l’opposition en faisant  une alliance contre nature avec le camp du président sortant, Joseph Kabila. « La main tendue, on la prend quand elle propre. Quand elle n’est pas propre, on ne la prend pas », a-t-il martelé. La Céni et la Cour constitutionnelle, a-t-il ajouté, ont nommé des candidats qui n’ont pas été élus par le peuple.




Sur un autre registre, Martin Fayulu s’est nettement insurgé contre les relents tribalistes observés ces derniers temps tout en invitant les uns et les autres à l’unité et à la cohésion. « Nous voulons faire ce que veut le peuple. Les Congolais ont besoin de l’unité nationale, du développement et de la démocratie. Ils ont besoin de la cohésion nationale. Faisons attention avec le vice de la division. Faisons attention avec le tribalisme. La coalition Lamuka que nous avons formée prouve que nous ne sommes pas tribalistes », a-t-il lancé. À la communauté internationale, il a demandé de respecter la souveraineté du peuple congolais et surtout sa volonté, l’invitant à ne pas reconnaître ce qu’il considère comme un gouvernement nommé par Joseph Kabila.

Enfin, il a expliqué la disponibilité qu’il avait pour une éventuelle rencontre avec Joseph Kabila avant la publication des résultats de la présidentielle du 30 décembre 2018. Une rencontre qui n’a jamais eu lieu parce que, a-t-il dit, le chef de l’Etat avait peur de son intransigeance, surtout sur des matières touchant aux lois du pays.