Marche nationale des étudiants à Dakar

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Au Sénégal, la tension n’est toujours pas retombée plus d’une semaine après la mort par balle d’un étudiant lors d’une confrontation avec les forces de l’ordre à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

En plus d’une contestation populaire qui s’est notamment manifesté avec des affrontements contre la police, les étudiants ont organisé des marches sur l’ensemble du territoire national.

Ce jeudi à Dakar, ils étaient des centaines dans la rue pour réclamer la lumière sur la mort de leur camarade.

« Aujourd’hui nous voulons justice et pour que justice soit faite il ne s’agit pas simplement de limoger le Recteur (de l’université de Saint-Louis) ou le Directeur du CROUS (Centre des Œuvres Universitaires de Saint-Louis), la responsabilité va de manière plus haute. Et en disant plus haute, nous parlons de tous les ministres qui sont impliqués dans cette affaire », fulmine Khady Seck, étudiante à l’université Gaston Berger de Saint-Louis.

La voix pleine d’amertume, Khady crie sa colère. Elle qui était avec Fallou Séne à Saint-Louis au moment de sa mort, estime que ce drame est dû au laxisme des autorités raison pour laquelle elle et ses camarades réclament le départ du ministre de l’enseignement supérieur et du ministre des finances.

« La CESL (Coordination des Etudiants de Saint-Louis) avait appelé à un front. Nous avons fait une veillée au ‘’Tour de l’œuf’’ (place principale de l‘université de Saint-Louis) et nous avons été les premiers sur place. Nous avons passé la nuit avec Fallou Séne. Il était en train de chanter les louanges de Dieu parce que c’était son anniversaire. Il est mort dans nos mains parce que l’autorité n’a pas su entendre l’avertissement de l’étudiant. Si on en est arrivé là c’est parce que c’est une goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Aujourd’hui le mal il faut le couper à la racine pour qu’il n’y ait pas répétition des actes, pour que nos martyrs qui sont morts ne soient pas oubliés dans les annales de l’histoire du Sénégal ».

Malgré le ramadan et la chaleur, les étudiants ont été plusieurs centaines à venir rendre hommage à leur camarade Fallou Séne tué la semaine dernière à Saint-Louis. A travers cette marche, ils veulent mettre la pression sur l’Etat afin que ce crime ne reste pas impuni.
Alexandre Mapal Sambou, président de séance de la Coordination des étudiants de Saint-Louis, explique que « l’objectif de cette marche est d’exiger que justice soit faite parce que nous avons constaté que dans pareilles circonstances, nous réclamons c’est que justice soit faite ».

Avant la mort de Fallou Séne, Dakar avait enregistré la perte de deux étudiants eux aussi tués par balle par les forces de l’ordre. Une situation que le médiateur de l’université de Dakar juge inexplicable. Pour lui, l’autorité doit agir.

Ndiacé Diop médiateur de l'université, à Dakar, Sénégal, le 24 mai 2018. (VOA/Seydina Abe Gueye)
Ndiacé Diop médiateur de l’université, à Dakar, Sénégal, le 24 mai 2018. (VOA/Seydina Abe Gueye)

« Il y a une colère qui se sédimente d’année en année et qui peut lors d’un affrontement exploser. Et l’explosion c’est l’affrontement à mort entre les forces de l’ordre et les étudiants et c’est ce genre de situation qui entraine des dérapages que l’on n’aurait jamais pu imaginer. C’est les conséquences qui rappellent la tonalité ou l’ampleur de la crise. Personne ne peut imaginer que le fait de réclamer sa bourse peut déboucher sur une mort d’homme ».




Pour apaiser les esprits, Le chef de l’Etat a déjà reçu les étudiants de Saint-Louis ce mardi. Le Président Macky Sall en fera de même ce lundi 28 Mai avec la coordination nationale des étudiants du Sénégal. Il espère ainsi détendre la situation dans les universités du pays et favoriser la reprise des cours.