Manifestation d’étudiants à Kinshasa : 8 blessés, le pouvoir accuse la Monusco

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Huit personnes ont été blessés lundi dans des manifestations d’étudiants contre la hausse du prix des transports en commun à Kinshasa où les autorités de la République démocratique du Congo accusent la Mission de l’ONU (Monusco) d’être « derrière ces revendications ».

« Après des heurts avec des policiers dans la mi-journée, nous avons soigné six étudiants blessés dont deux gravement », a déclaré à l’AFP le Docteur Guylain Mboyo du centre médical de l’Institut supérieur des sciences appliquées (Ista).

« Deux de nos agents ont été aussi blessés et soignés », a-t-il ajouté.

« J’accuse la Monusco d’être derrière ces revendications d’étudiants ce lundi à l’Ista », a déclaré à l’AFP le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire congolais, Steve Mbikayi.

« Ce sont des occupants de deux jeeps de la Monusco qui ont incité les étudiants à manifester en leur posant des questions sur leurs revendications. C’est en ce moment précis qu’un coup de sifflet a retenti déclenchant la manifestation », a encore accusé M. Mbikayi.




La Monusco a rejeté ces accusations. « La Monusco a déployé une équipe du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme et de la police de la Monusco pour observer d’éventuelles violations des droits de l’Homme et non pour inciter à des violences », a réagi sa porte-parole, Florence Marchal, interrogée par l’AFP.

Lundi dans la mi-journée, la police a dispersé des étudiants de l’Ista qui manifestaient pour la deuxième fois contre l’augmentation du prix des transports en commun, selon des témoins. Une manifestation similaire avait eu lieu jeudi sur trois campus et 14 étudiants avaient alors été interpellés.

Le prix de la course en taxi et du transport en commun est passé de 500 à 700 francs congolais (0,30 à 0,43 dollar) depuis le début du mois.

Les relations entre la Monusco et les autorités sont tendues depuis quelques mois. Le gouvernement souhaite que la Monusco quitte la RDC en 2020.




Dans une conférence de presse fin janvier, le président congolais Joseph Kabila avait déclaré vouloir « clarifier nos relations avec la Monusco ».

Avec AFP