L’Union européenne renouvelle son aide aux déplacés du Pool

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Une enveloppe supplémentaire de cinq cent mille euros, soit plus de trois cents millions FCFA, vient d’être décaissée par l’institution en faveur des personnes sinistrées du département du Pool.

Une mission humanitaire conduite par la ministre des Affaires sociales, de l’action humanitaire et de la solidarité, Antoinette Dinga-Dzondo, en compagnie de la cheffe de la délégation de l’Union européenne (UE) au Congo, Saskia De Lang, a séjourné le 18 juin à Mbandza-Ndounga et Nganga-Lingolo (sous-préfecture Goma Tsé-Tsé). Dans la sous-préfecture de Mbandza-Ndounga, la délégation a assisté à la distribution des vivres et à l’enregistrement des bénéficiaires sur la plate-forme numérique Scope, mise en œuvre par le Programme alimentaire mondial (PAM).

L’aide de l’UE s’inscrit dans le cadre du deuxième Plan de réponse et de relèvement des besoins humanitaires dans le département du Pool, en 2018, dont l’appel a été lancé le 16 mars, à Brazzaville.  Le montant recherché, estimé en dollars à 70,7 millions permettra de poursuivre l’action humanitaire et le relèvement de cent quatorze mille personnes.« L’UE est le premier partenaire du pays à réagir à cet appel avec une nouvelle contribution à hauteur de cinq cent mille euros. Nous sommes venus ici dans le Pool pour annoncer cela et pour dire que nous n’oublions donc pas la population. Nous connaissons sa souffrance et avons aussi voulu faire le déplacement pour voir dans quelle situation les villages et la population se trouvent pour mieux comprendre ce qui se passe », a expliqué Saskia De Lang, dont l’institution avait fait un premier geste en novembre 2017.

En effet, la cheffe de la délégation de l’UE au Congo, qui a parcouru quelque 51 km qui séparent Nganga-Lingolo de Mbandza-Ndounga, a pu se rendre compte de l’état de dégradation avancée de cette route en terre battue. Elle a constaté que beaucoup de déplacés sont déjà rentrés chez eux mais se trouvent encore  dans des situations extrêmement difficiles car, il y a des maisons délabrées ou bien détruites, des champs qui n’ont pas été cultivés, des points d’eau détruits. Selon Saskia De Lang, tout est donc à reconstruire. « L’aide que nous donnons va les aider pendant cette période où elles vont rebâtir et remettre en marche leur propre culture. Donc il faut qu’on les aide pendant qu’elles se réinstallent chez elles. L’UE appuie l’action de la société civile internationale et nationale qui est déployée dans le Pool. Il y a deux semaines, j’ai assisté au lancement d’un projet à hauteur de huit cent mille euros, financé par l’UE, visant l’élevage et l’agriculture, c’est donc également par ce biais que nous contribuerons au relèvement et nous essayons de venir en aide aux besoins », a-t-elle conclu.

Tous les secteurs sont à refaire 

S’exprimant au nom des bénéficiaires, le sous-préfet de Mbandza-Ndounga, Symphorien Banimba, qui a dépeint la situation alimentaire et sécuritaire critique des déplacés, a remercié les autorités nationales et leurs partenaires tels que l’UE et les organismes du système des Nations unies pour diverses assistances. « Ce que la population attend maintenant, c’est le relèvement pour lui permettre de redémarrer une vie normale et de se prendre elle-même en charge comme les autres habitants du Congo. Elle refuse la dépendance pérenne qui risque d’entraîner l’accoutumance », a-t-il déclaré.

À Nganga-Lingolo, la ministre et sa délégation ont assisté aux transferts monétaires via des cartes électroniques, à travers la plate-forme numérique Scope. Initiée par le PAM, cette opération offre l’opportunité aux ménages bénéficiaires de diversifier leur alimentation tout en choisissant les denrées correspondant à leurs habitudes alimentaires.




À l’issue de cette visite, la ministre en charge des questions humanitaires a reconnu que la situation dans le Pool restait encore préoccupante, surtout en ce qui concerne le relèvement des familles. « En effet, le relèvement prend du temps, parce qu’il faut faire des évaluations, trouver de l’argent. Au regard de l’état de la route, cela prendra du temps puisqu’il faut la mettre à niveau. Ce qui peut aller vite, c’est peut-être la réhabilitation des points d’eau où il manque des panneaux solaires, des robinets. Il nous faut discuter avec la population pour savoir ce qu’elle veut faire, parce que ce n’est pas tout le monde qui est agriculteur, pêcheur », a expliqué Antoinette Dinga-Dzondo, rappelant que tous les indices de relèvement seront pris en compte et tous les secteurs sont à refaire : eau, assainissement, éducation, santé.