L’UE et le PAM renforcent la filière manioc au Congo

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L’Union européenne et le Programme Alimentaire Mondial renforcent la filière du manioc au Congo Communiqué de presse Brazzaville, vendredi 4 septembre 2020. L’Union européenne et le Programme Alimentaire Mondial lancent un programme de renforcement de la chaîne de valeur artisanale du manioc au Congo. Financé par l’Union européenne à hauteur de 1,5 million d’euros sur le 11e Fonds européen de développement (FED), cette nouvelle initiative en faveur de la République du Congo, nommée « ProManioc », sera mise en œuvre par le Programme Alimentaire Mondial (PAM).




Malgré un potentiel agricole important, la République du Congo importe encore une majorité de ses produits alimentaires. Or la crise sanitaire du Covid-19 a fragilisé les chaines d’approvisionnement alimentaire dans le pays (avec jusqu’à 15% d’augmentation du prix d’un panier alimentaire pour un ménage en milieu urbain). Si aujourd’hui, les prix semblent être revenus à la normale par rapport à la même période l’année passée, un réel risque d’insécurité alimentaire est à considérer.




Développer les filières agricoles locales, notamment celle du manioc, permet de prévenir d’éventuels nouveaux impacts socio-économiques. « ProManioc » a donc pour objectif d’améliorer la résilience alimentaire en République du Congo, en renforçant les capacités de 50 groupements producteurs de manioc. Ces derniers bénéficieront d’équipements de transformation inédits au Congo, tels que des râpes, broyeurs, semouleurs… afin d’augmenter leur production.

Un accent particulier sera mis sur la transformation du manioc en produits innovants encore peu connus au Congo, tels que le gari ou encore l’attiéké. Pour cela, le programme fera appel à un partenariat de coopération Sud-Sud déjà en place avec des pays ouest-africains (Bénin, Côte d’Ivoire), déjà grands producteurs et consommateurs de produits dérivés du manioc. Établi pour deux ans, ce programme vise sur le long terme une diversification des sources de revenus en zone rurale et l’arrivée de nouveaux produits locaux à base de manioc sur le marché en milieu urbain.

Par ailleurs, ces nouveaux aliments seront promus et intégrés aux repas des cantines scolaires du PAM (5.000 élèves dans la Bouenza), ainsi que dans le panier d’assistance alimentaire aux ménages vulnérables en milieu urbain (7.000 personnes).

Ce programme intervient en synergie et complémentarité avec les différentes initiatives de l’Union européenne, du PAM et des autorités congolaises au renforcement des chaînes de valeur agro-alimentaires, à titre d’exemple le Projet d’Appui aux Petits Producteurs de Haricot, le Projet de Renforcement des capacités des acteurs de la filière piscicole en République du Congo et le Programme de renforcement des capacités commerciales et entrepreneuriales en République du Congo (PRCCE2).

Un accent particulier sera mis sur le suivi des résultats de ce programme. Pour ce faire, un cadre de suivi commun sera conclu entre le Ministère du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale/Ordonnateur national du FED, des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, l’UE et le PAM, pour le suivi de la mise en œuvre des activités et orienter la prise de décisions tout au long du programme.




« Au-delà du contexte sanitaire difficile que traverse le Congo, explique Raul Mateus Paula, ambassadeur de l’Union européenne, il est essentiel d’atténuer l’impact économique de l’épidémie. Avec ce projet, nous allons continuer d’accompagner le pays dans la lutte contre la pauvreté tout en renforçant la sécurité des approvisionnements en milieu rural et urbain. Alignée sur les priorités du Gouvernement, cette action très concrète, expression de la solidarité européenne, va contribuer je l’espère, à améliorer les conditions de vies des populations, notamment les plus vulnérables », souligne-t-il.

« Les impacts de la crise sanitaire nous rappellent l’impératif de renforcer les chaines de valeur locales dans un pays aussi dépendant des importations que le Congo. Cet accompagnement est essentiel pour assurer la sécurité alimentaire des populations tant rurale qu’urbaine en cette période de crise sanitaire », déclare le représentant du PAM, Jean-Martin Bauer.