L’ONU met en garde Israël face au projet d’annexion de territoires en Cisjordanie





Le 20 mai, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a prévenu qu’il pourrait cesser sa coopération sécuritaire avec Israël. Et cela, trois jours après la nomination d’un nouveau gouvernement d’union qui devra se prononcer d’ici le 1er juillet sur la mise en pratique du plan proposé par Washington. Les diplomates européens, siégeant au Conseil de sécurité, ont rappelé à Israël le bien-fondé des frontières tracées en 1967, et l’ont prévenue que toute annexion serait sanctionnée.

Encore confinés, c’est par visioconférence simultanée que les 5 ambassadeurs estonien, allemand, belge, français et polonais, qui siègent ou viennent de siéger au Conseil de sécurité, ont tenu à s’adresser au nouveau gouvernement israélien, rapporte notre correspondante à New-YorkCarrie Nooten. Briefés plus tôt par l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, relativement pessimiste et qui s’attend à des annexions israéliennes, les chefs de délégations ont réaffirmé que la solution à deux États était la seule solution pour garantir la stabilité régionale.




« Nous conseillons vivement à Israël de ne pas prendre de décision unilatérale qui mènerait à l’annexion de n’importe quel territoire palestinien occupé. Et qui serait, en l’état, contraire au droit international », explique Marc Pecsteen, l’ambassadeur belge.

Toute annexion, même avec le soutien des États-Unis, obligerait le Conseil de sécurité à réagir par une résolution, selon certains diplomates, qui rappellent par ailleurs que la solution à deux États a bien été reconnue par une autre administration républicaine, par le passé, celle de George Bush en 2004. L’émissaire onusien, Nickolay Mladenov, a demandé, lui, que le quartet, composé des États-Unis, de la Russie, de l’Union européenne et des Nations unies, se reforme et reprenne la tête des négociations.

 En Europe, une action commune de prévention et de riposte

Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, s’est également exprimé à ce sujet ce mercredi 20 mai. À ses yeux, l’entrée en fonction de ce gouvernement représente une menace d’uneannexion partielle de la Cisjordanie à brève échéance, comme le prévoit le plan Trump. Une décision extrêmement dommageable, inacceptable pour la France. Jean-Yves Le Drian a affirmé que l’Europe se préparait à une action commune à ce sujet.




« Nous sommes en train de travailler avec nos collègues européens, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, plus quelques états membres affinitaires comme le Luxembourg et l’Irlande, pour aboutir à une action commune. Je ne peux pas encore vous dire de quelle manière nous allons de le faire, mais nous travaillons ensemble pour une action commune de prévention et éventuellement de riposte si d’aventure cette décision d’annexion était prise. »

Le ministre des Affaires étrangères précise également qu’un contact avec les pays arabes, en particulier la Jordanie et l’Égypte, pays signataires des accords de paix avec Israël, a déjà été fait. Cela afin qu’ils passent eux-mêmes des messages au gouvernement israélien.

« Par ailleurs, nous avons aussi des contacts avec les autorités palestiniennes parce qu’on ne peut faire qu’avec les Palestiniens. Nous voulons que tout le monde se remette à la table des négociations. »