L’Italie enquête sur un possible dossier de corruption au Congo Brazzaville impliquant Eni

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La justice italienne enquête sur une possible affaire de corruption au Congo Brazzaville impliquant le groupe pétrolier Eni, qui s’est défendu vendredi de toute conduite illicite.

Le groupe italien est déjà mis en cause dans des affaires de corruption internationale similaires au Nigeria et en Algérie.

Interrogée par l’AFP, suite à des informations du quotidien Il Corriere della Sera, la société a confirmé avoir reçu jeudi « du procureur de Milan une demande de remise de documents en relation avec certaines activités menées au Congo en 2009 et 2014 ».

« La requête fait suite à deux autres reçues en 2017 », a-t-elle ajouté, en précisant qu’Eni avait « déjà procédé à la remise de la documentation demandée ».

Le groupe a en outre confirmé des perquisitions dans les bureaux de deux responsables d’Eni.

Il a assuré « être totalement étranger aux conduites illicites présumées » faisant l’objet de l’enquête, affirmant « opérer dans le plein respect des lois établies par les Etats souverains », et s’est engagé à continuer à collaborer avec la justice afin que « la plus grande clarté puisse être faite sur cette affaire ».




Selon les médias italiens, six personnes physiques et morales sont visées par cette enquête qui concerne le possible versement de pots-de-vin par Eni au Congo dans le cadre du renouvellement de concessions pétrolières.

Outre la société Eni figurent deux responsables d’Eni: le chef des activités d’exploration et de production, Roberto Casula, et la manager Maria Paduano.

D’après les médias, le groupe italien aurait accepté d’intégrer dans ses contrats des sociétés congolaises indiquées par le gouvernement, dont l’AOGC (Africa Oil and Gas Corporation) de Denis Gokana, conseiller du président du Congo Denis Sassou Nguesso. Et ceci pour au moins 10% de la valeur des contrats estimés à 350 millions d’euros.

Des représentants du gouvernement congolais auraient bénéficié de ces 10% à travers des participations dans des « sociétés écrans ».

Eni est poursuivi pour deux autres dossiers de corruption internationale devant le tribunal de Milan.

Il doit être jugé avec Shell à partir du 14 mai pour corruption au Nigeria. La justice soupçonne le versement de pots-de-vin lors de l’attribution en 2011, pour 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros), d’une licence pour l’exploration du bloc pétrolier offshore OPL-245.




Il comparaît aussi pour corruption en Algérie: une amende de 900.000 euros a été requise le 26 février à son encontre ainsi que plus de six ans de prison contre son ex-patron Paolo Scaroni.

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