Libye : Sassou Nguesso traité de m’as tu vu ( matalana ) par les proches du Maréchal Haftar




La défaite du Maréchal Khalifa Haftar aux portes de la capitale, après plus de 14 mois de guerre, rebat les cartes et oblige les différents intervenants dans le dossier libyen à se repositionner. Cette défaite ouvre la voie à une nouvelle phase dans cette guerre, qui n’est pas terminée, et qui risque de compliquer davantage la situation. Dans sa volonté de médier entre les frères ennemis libyens au nom de l’UA, Denis Sassou Nguesso a tenté une énième rencontre à Brazzaville, mais s’est confronté au refus catégorique de l’homme fort de Benghazi dont les proches considèrent le chef de l’État congolais comme un agitateur en guise de réputation.




En perdant Tripoli, le Maréchal Haftar a perdu sa puissance et sa dernière volonté est de se retrouver autour d’une table sous l’égide de Sassou Nguesso avec ses ennemis. Affaibli, l’homme fort de l’Est n’est plus un partenaire pour le gouvernement d’entente nationale ( GNA ) qui a aussi opposé un refus à la pétition du président Congolais.

Selon les maitres de Tripoli : ce n’est pas un homme de confiance et on ne plus discuter avec lui. Tripoli réclame de pouvoir discuter avec un autre représentant de Benghazi lors des prochaines négociations entre les deux camps.




L’Égypte et la Russie, alliés du général Haftar, préfèrent désormais discuter avec le chef du Parlement, Aguila Saleh, qui s’est différencié de Khalifa Haftar en lançant une initiative pour la paix et en refusant d’abandonner l’accord politique de Skhirat, comme l’a fait récemment le maréchal Haftar.

Pour Hasni Abidi, politologue spécialiste de la Libye, ce dernier n’a pas su saisir sa chance : « Le maréchal Haftar est dans une position très délicate, il est dans une situation affaiblie face à ses alliés internationaux et régionaux, mais aussi face à sa base à l’est de la Libye, qui soit militaire, tribale ou notable et qui constitue une base sociale importante. La défaite militaire de Haftar, à Tripoli, a réduit ses chances de devenir l’homme fort de la Libye. Le maréchal Haftar a commis deux erreurs stratégiques : la première, un assaut contre Tripoli sans l’avis de ses partenaires, et la deuxième erreur c’est d’avoir boudé deux rendez-vous importants, celui avec le président Poutine et l’accord qui a été signé et bien sûr la conférence de Berlin. Il a osé sécher un rendez-vous avec la chancelière. Cette gestion solitaire de la crise libyenne avec le maréchal Haftar est très coûteuse sur le plan diplomatique. »




Montée en puissance turc et russe

Khalifa Haftar a également été directement visé par l’importante intervention militaire turque. Des centaines de drones, des milliers de mercenaires syriens, et des agents de renseignement turcs ont été dépêchés par Ankara en Libye pour aider le GNA à vaincre l’ANL, l’Armée nationale libyenne qu’il dirige. Ce qui a fait pencher la balance des forces de Tripoli. L’engagement militaire turc s’est accentué en l’absence d’une position européenne commune et forte.

Les turcs se moquent éperdument des hallucinations de Denis Sassou Nguesso et imposent la solution militaire. Depuis l’éclatement de cette guerre, la position de l’UA n’a jamais été prise en compte,  ni par les belligérants, ni par les puissances impliquées. Toutes les manœuvres du président congolais autour de ce dossier visent juste à se blanchir face à une opinion internationale qui a une image très négative de lui.