Libération de 10 militaires accusés de tentative d’assassinat du chef d’état-major en Guinée Bissau

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Dix militaires accusés de tentative d’assassinat du chef d’état-major des armées en Guinée-Bissau, le général Biaguê Nantam, il y a plus d’un an, ont été mis en liberté « faute de preuves ».

Cette ancienne colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest a souvent été en proie à une instabilité chronique, avec des tentatives de putsch à répétition depuis son indépendance en 1974. L’instabilité et la pauvreté y ont longtemps facilité l’implantation de narcotrafiquants, sous la protection de hauts responsables de l’armée.

Ces dix militaires, dont plusieurs officiers, arrêtés en décembre 2017, étaient soupçonnés d’avoir voulu assassiner le général Nantam à son retour au pays d’un voyage pour raisons médicales. Ils viennent finalement d’être libérés « faute de preuves », a indiqué à l’AFP une source judiciaire sous le couvert de l’anonymat.

« Aucune preuve de leur implication dans une action visant à éliminer physiquement le chef d’état-major des armées n’a été présentée contre eux, au bout de 13 mois de détention », a déclaré à l’AFP leur avocat Ricardo Nancassa, confirmant leur remise en liberté.

Détenus dans une caserne proche de l’aéroport, les dix miliaires réclament leur réintégration dans leurs unités respectives et une indemnité.

Le général Nantam a été nommé chef d’état-major en septembre 2014 par le président José Mario Vaz après le limogeage du général Antonio Indjai, meneur du coup d’Etat d’avril 2012 et recherché par les Etats-Unis pour trafic de drogue.

En 2013, l’inculpation du général Indjai et l’arrestation par l’agence fédérale anti-drogue américaine (DEA) du chef de la Marine « Bubo » Na Tchuto – condamné par un tribunal américain à quatre ans de prison, est rentré à Bissau en octobre 2016 – ont révélé au grand jour l’implication de la hiérarchie militaire dans le narcotrafic.




L’ONU a néanmoins salué ces dernières années les progrès réalisés par la Guinée-Bissau dans la lutte contre le narcotrafic depuis l’élection du président Vaz en 2014.

« Le trafic de drogue n’a pas cessé. Ce ne sont plus les grandes quantités qui arrivent, mais plutôt de petites dans les fonds de valise ou par les +mules+ », a indiqué à l’AFP un officier de l’unité spéciale de la police luttant contre le narcotrafic lors de l’incinération de drogues à Ilondé, à 35 km à l’ouest de Bissau.

Au cours de cette cérémonie jeudi, près de 28 kg de cocaïne contenus dans des milliers de capsules saisis à l’aéroport sur des +mules+ en provenance du Brésil, du cannabis et un lot de faux médicaments intercepté aux frontières terrestres sont partis en fumée, a constaté un correspondant de l’AFP.