Les motos-taxis prennent de l’ampleur à Brazzaville

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Face aux difficultés de se déplacer dans les quartiers périphériques d’accès difficile, les habitants des zones concernées ont opté pour les deux roues.  

Du marché lycée Thomas-Sankara (arrondissement 9, Djiri) au terminus de Mikalou dans le sixième arrondissement, Talangaï, en passant par le dépôt foufou Mati près du pont de Mikalou, les jeunes se pointent à longueur de journée au niveau de quelques parking pour attendre des clients. Des vélos garés, les uns après les autres, c’est le décor qu’on peut observer dans ces endroits.

« Nous transportons la marchandise et des personnes tout en ayant l’idée de leur destination, dans des quartiers d’accès difficile », a fait savoir Rachy, un motocycliste.

Ces motos-taxis sont sollicités par tous, mais le plus souvent par des revendeuses qui viennent s’approvisionner en foufou, coco, manioc et autres produits alimentaires de grande consommation. Ces moyens sont aussi empruntés par tous ceux qui veulent échapper aux embouteillages habituels ou encore confrontés aux difficultés de transport dans des zones enclavées.

Dans la pratique, les quartiers les plus sollicités sont ceux où ne peuvent arriver que des véhicules 4×4, tels que les quartiers Impoh Manianga (Domaine ) ou Jacques-Opangault, à Djiri. Hormis ces zones, ces motos-taxis desservent également d’autres coins de la ville.

Le prix de la course varie selon la destination du cliententre 500 et 1000 F CFA, et un peu plus cher lorsque le client dispose de la marchandise « Ces moyens sont avantageux, par ce qu’ils transportent les clients à destination, même dans des zones difficiles en taxi ou autobus », a expliqué une cliente qui a requis l’anonymat.




Cette activité permet aux jeunes qui l’exercent de subvenir, tant soit peu, à leurs besoins quotidiens. « J’ai fini dans une école de formation. En attendant mon intégration à la Fonction publique, j’exerce cette activité pour me prendre en charge. Nous avons des clients qui nous appellent quand ils ont la marchandise », a souligné Rachy, le motocycliste.

Selon ce jeune, il peut totaliser 5 000 voire 10 000 F CFA de recette à la fin de la journée si l’activité a été rentable.

Bien que contribuant à lutter contre le chômage des jeunes, ce mode de transport non réglementé ne plait pas à quelques Brazzavillois au regard des risques qu’il engendre.

« Je n’emprunte pas ces motos-taxis parce que je trouve ce moyen très exposé aux dangers », a lâché une Brazzavilloise.