Les habitants du quartier Moussosso manquent de pirogues

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Suite aux troubles sociopolitiques enregistrés dans le département du Pool, le trafic des pirogues sur le Djoué a été interrompu en avril 2016. Ce qui complique la mobilité dans le déplacement des populations des quartiers Mayanga, Moussosso et Agri Congo dans le 8ème arrondissement de Brazzaville obligés de contourner par le pont de Djoué.

Les pirogues le long des berges de Moussosso, Kazounga, Bounitari et d’autres n’existent plus depuis trois ans. Ces moyens de transports permettaient de passer de l’autre côté de la rive en un clin d’œil. Les commerçants habitant Mayanga-Moussosso et Agri-Congo y trouvaient la facilité d’évacuer la marchandise pour l’acheminer dans les différents marchés de Brazzaville.

Depuis la fermeture des traversées, les habitants de cette zone déplorent les tracasseries qu’elles éprouvent pour se rendre dans les quartiers d’en face, à l’instar se PK Mfilou, Kinsoundi barrage, Moutabala et autres. D’où ils attendent  impatiemment la reprise de ce trafic qui leur servait de raccourci.

« Nous parcourons plus d’un kilomètre à pied pour arriver à l’arrêt de bus au terminus de Moussosso où nous prenons un moyen pour se rendre dans les autres arrondissements. Il nous faut dépenser quelque chose de 1 500 francs CFA par jour. Avec le phénomène de demi-terrain, allez-y comprendre. Dire qu’autrefois, nous ne payions que 100 francs par traversée, soit 50 francs à l’aller et 50 francs au retour », s’est indigné Prosper Bantantou Babindamana, un habitant de Moussosso.




C’est un casse-tête pour nous vieillards que de dépenser autant d’argent pour un simple déplacement des abords du Djoué au reste de la ville, a précisé Joseph Balembofoua avec un bâton à la main. Avec la pirogue, c’était plus rapide que le bus qui met trop de temps .

« Nous souhaitons que les responsables de notre pays donnent leur accord aux tenanciers des pirogues afin de relancer la traversée pour alléger nos dépenses au quotidien», dit-il.

Malgré la destruction de ces pirogues par la force militaire, ces passeurs se sont regroupés pour parler d’une seule voix.« Nous nous  sommes constitués en association, nous avons déposé les dossiers au ministère de l’intérieur et de la décentralisation, pour obtenir une autorisation de relance du trafic », a fait savoir Ludovic Biyemi, ancien passeur.

« Cette petite activité nous permettait de subvenir aux besoins de nos familles. Depuis l’interdiction de la traversée, nous vivotons », a-t-il ajouté.