Les effets du coronavirus sur l’économie congolaise

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En attendant la fin de l’épidémie du coronavirus, les dégâts collatéraux sur le plan financier et économique pourraient être plus importants sur les pays africains qui dépendent en grande partie de la Chine: cas du Congo.

Au Grand marché de Pointe-Noire et de Poto Poto à Brazzaville, où échoue l’essentiel des marchandises importées de Chine( Wiyu, Guangzhou, Shenzen), l’inquiétude est à son comble.  » J’ai fait parvenir 10 millions de FCFA à mes fournisseurs chinois pour une commande de pagnes destinés au 8 mars. Les cargos chargés de leur expédition sont fermés. », se désole Ali, commerçant malien au marché de Poto Poto.

De jeunes congolais, habitués de la ligne Pointe-Noire-Guangdzou, ont également le vague à l’âme en ce moment où Foshan( le plus grand marché de meubles au monde), Guyuan Xilu(marché de chaussures et vêtements de qualité destinés au marché européen), Shunda( le plus grand marché de céramiques)…, sont fermés. « Nos transactions commerciales avec la Chine nous permettent d’être à l’abri du besoin « , reconnaît J. Mabounda, commerçant établi dans la capitale économique du Congo.




Sur le plan purement économique, de source douanière autorisée, le Congo accuserait, quelques jours après l’épidémie du coronavirus en Chine, un manque à gagner estimé à des centaines de millions de FCFA. La saignée pourrait être encore plus dommageable pour les finances publiques si Beijing n’arrive pas à maîtriser la propagation du virus.
Aux dernières nouvelles, la province de Guangdong dont la capitale est Guangzhou, où atterissent presque tous les commerçants et hommes d’affaires en provenance de tous les pays, aurait déjà enregistré ses premiers cas de contamination, croit savoir Dengyuanhe, une amie chinoise résidant dans la province du Hunan.

Il en est de même des commerçants et hommes d’affaires chinois établis au Congo. « marchandises y a pas. Moi pas parti Chine… », s’en plaint Tang, commerçant à Moungali, dans un français chinois.
De manière globale, bien que les statistiques d’échanges commerciaux entre Brazzaville et Beijing soient muettes, il est à craindre que le fléchissement de la croissance chinoise consécutif aux dégâts du coronavirus, n’affecte considérablement l’économie congolaise. Les prévisions de vente du brut, minerais et bois congolais à la Chine pourraient être faibles. Et pour cause, la demande des usines chinoises fermées devrait décroître.
Tout au moins, certaines petites usines familiales devraient ouvrir aujourd’hui en Chine après le nouvel an chinois.




Certaines écoles font cours à distance via internet. Les autorités chinoises se donnent encore 1 ou 2 mois pour maîtriser la situation. Quoi qu’il en soit, le bilan économique et financier du coronavirus sera lourd.

Seul espoir, impossible n’est pas chinois!
Possible que Beijing déjoue toutes les mauvaises prédilections de la presse, milieux économiques, financiers et politiques occidentaux. Qui en profitent pour lui faire perdre du terrain sur le plan commercial