Les échanges violents au Parlement irritent les militants britanniques

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Le président de la Chambre des communes a lancé un appel au calme ce vendredi 27 septembre après les débats houleux de jeudi avec le Premier ministre Boris Johnson et les membres de son gouvernement. Cette tension affecte les partisans des deux camps.

La journée de jeudi 26 septembre est la pire que John Bercow ait connue depuis qu’il préside la Chambre des communes. Il a dénoncé l’usage d’un langage toxique. Décrivant la « pire atmosphère » jamais vue au Parlement « en 22 ans », le président de la Chambre des communes a tancé les députés et organisé un débat sur leurs excès de langage.

Il faut dire que Boris Johnson a usé d’un vocabulaire volontairement guerrier en s’adressant mercredi soir aux députés de l’opposition : « acte de reddition », « trahison », « sabotage ». Au milieu des vociférations des deux camps, le Premier ministre a accusé une quinzaine de fois les membres de l’opposition d’avoir voté « une loi de capitulation » l’obligeant à demander un report du Brexit à l’Union européenne s’il ne parvenait pas à conclure un accord avec Bruxelles.




Une atmosphère délétère

Les militants des deux bords sont choqués par les excès de langage. Ils finissent par avoir une répercussion sur la vie quotidienne en créant une atmosphère délétère. Devant Westminster, Lyn habillée tout en bleu avec un béret et un parapluie étoilé comme le drapeau européen est encore choquée par les propos qu’on lui a adressés : « Ce matin, j’étais dans la rue habillée comme ça, je cherchais mon chat et un type mal élevé est venu vers moi en disant : “saleté d’Union européenne”. J’ai voulu lui parler, mais il est reparti en disant : “je sais où vous habitez maintenant” ». La violence du langage utilisé par les membres du gouvernement légitime tous les abus à l’extérieur du Parlement.

Rose, une militante du Brexit Party, reconnaît volontiers qu’il y a eu des dérapages : « Le langage était horrible, mais vous savez nous n’avons pas un bon président de la Chambre. Il pourrait mieux contrôler la situation, ne pas prendre parti et maintenir le calme. » C’est bien ce que John Bercow a tenté de faire ce jeudi, mais le Brexit n’a pas fini d’échauffer les esprits au Royaume-Uni.