Les auditeurs de justice réclament la publication de leur décret de nomination




Depuis plusieurs jours, les élèves magistrats en attente de formation depuis 2014 ont élu domicile dans le jardin des droits de l’homme, situé à côté du ministère de la Justice. Le 10 mars, ils y étaient encore présents pour revendiquer, entre autres, la publication du décret reconnaissant leur statut d’auditeurs de justice.

Munis de barres de fer, des cloches, des tam-tams, des flûtes et autres instruments de musique, ces jeunes qui constituent un échantillon de trois cent cinquante diplômés sans emplois ne se fatiguent guère. Depuis des mois, ils animent, sans répit, cet orchestre de casseroles, pour alerter les pouvoirs publics sur leur dossier de mise en formation classé sans suite depuis six ans.

En effet, depuis 2014, l’Etat congolais, constatant le déficit en magistrats dans les cours et les tribunaux, avait résolu de sélectionner des jeunes diplômés de droit, pour qu’ils soient formés dans quelques pays africains, afin d’en faire d’eux des magistrats. Ainsi, une première vague a déjà été formée et est actuellement en instance d’affectation. Quant aux trois cent cinquante qui restent, le dossier semble être bloqué pour des raisons non justifiées, affirment les auditeurs de justice.




En lançant ce mouvement, ces jeunes revendiquent en premier la publication par le gouvernement de leur décret de nomination comme auditeurs de justice. Un document qui leur permettra de bénéficier des indemnités comme cela a été le cas pour les premières promotions.

« Une commission interministérielle avait été mise sur pied, avec pour mission d’authentifier les diplômes et de réviser les listes, avant la publication d’un décret de mise en formation. Le travail qui devrait se faire en un mois s’est étendu jusqu’à six mois aujourd’hui sans suite. Nous constatons surtout le non-suivi de notre dossier par le ministère de tutelle », a précisé le coordonnateur du collectif des auditeurs de justice, Rosin Sédrique Olengoba.

De même, les élèves magistrats exigent la publication dans les délais de la liste définitive et révisée de tous les auditeurs de justice, établie après contrôle de diplômes, mais aussi celle de mise en formation.

« Pendant que nous attendons la formation depuis six ans, le ministère de la Justice a déjà organisé deux fois de suite le concours d’entrée à l’ENAM. Certains de nos collègues avec qui nous étions sélectionnés ensemble ont déjà bénéficié du décret de nomination avec effets financiers, pourquoi pas nous ? », s’est interrogé le coordonnateur du collectif.