Le président Mnangagwa soupçonne des partisans de Grace Mugabe d’avoir fomenté l’attentat

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Le chef de l’Etat zimbabwéen Emmerson Mnangagwa a accusé les partisans de l’ancienne Première dame Grace Mugabe d’avoir fomenté l’attentat dont il est sorti indemne ce week-end, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 30 juillet.

Samedi, deux personnes ont été tuées et des dizaines blessées lors de l’explosion d’un engin non identifié à la fin d’un discours prononcé par M. Mnangagwa devant des milliers de ses partisans réunis dans un stade de Bulawayo (sud). L’attentat n’a pas été revendiqué.

« Il s’agit d’une action politique de la part de personnes qui sont mécontentes de l’actuel gouvernement démocratique du pays », a estimé M. Mnangagwa dans une interview à la BBC diffusée mercredi.

« Mon intuition, sans avoir de preuve, est que les personnes qui sont mécontentes du nouveau gouvernement sont le G40 », a-t-il poursuivi, en référence au groupe Génération 40, une faction au sein du parti au pouvoir de la Zanu-PF favorable à Grace Mugabe.

« C’est la conclusion logique et raisonnable qu’on peut tirer », a estimé M. Mnangagwa, promettant de « traquer ces criminels ». « Une fois qu’on les aura arrêtés, on pourra déterminer l’étendue de leur réseau », a-t-il encore dit.

M. Mnangagwa a succédé en novembre au président Robert Mugabe, contraint de démissionner, après trente-sept ans au pouvoir.

M. Mugabe s’est résigné à quitter le pouvoir après avoir été lâché par l’armée et son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980.

Quelques jours avant l’intervention de l’armée, Grace Mugabe avait obtenu de son mari qu’il démette de ses fonctions de vice-président M. Mnangagwa, dauphin de longue date du chef de l’Etat mais devenu un encombrant adversaire pour l’ambitieuse Première dame.

C’est pour empêcher la fantasque et autoritaire Grace Mugabe de prendre, le moment venu, la succession de son mari nonagénaire que l’armée avait décidé d’agir.

« Comment pourrais-je faire confiance » » à Grace Mugabe, « une personne qui a été utilisée par une cabale pour dire des choses sans fondement ? », a lancé M. Mnangagwa dans son interview à la BBC.




« J’ai de la compassion pour elle », a-t-il toutefois ajouté. « Parce qu’à mon avis elle était politiquement immature, (…) elle a été utilisée par ceux qui voulaient se débarrasser de moi. »

Le Zimbabwe est appelé à élire le 30 juillet son président et ses députés, les premiers scrutins depuis la chute de M. Mugabe. Agé de 75 ans, M. Mnangagwa est donné grand favori de la présidentielle.

Avec AFP