Le président gracie des opposants en Guinée équatoriale

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Le président de Guinée équatoriale a gracié, sans les libérer pour l’instant, 81 prisonniers dont une trentaine d’opposants condamnés en février à plus de 30 ans de prison pour « sédition », selon un décret présidentiel.

« Nous concédons la grâce aux personnes condamnées ou qui purgent leurs peines pour délits contre le gouvernement, contre l’ordre public et contre les autorités constituées », indique le décret.

Parmi les prisonniers graciés par le président Teodoro Obiang Nguema figure Jesus Mitogo, unique député de l’opposition élu au Parlement, membre de Citoyens pour l’innovation (CI), un parti d’opposition dissout en février.

M. Mitogo avait été condamné en février, avec d’autres militants de CI, à plus de 30 ans de prison pour « sédition, désordre public, atteintes à l’autorité et blessures graves » suite à des échauffourées pendant la campagne des législatives en novembre 2017.

« Aucun prisonnier n’est encore dehors, personne n’est encore libre », a indiqué jeudi à l’AFP, Gabriel Nse Obiang, leader national de CI.

Il a dit craindre que le président ne renouvelle sa promesse non tenue de « l’amnistie totale » aux « citoyens condamnés (…) pour des délits politiques », annoncée le 4 juillet.

Le parti d’opposition estime que la détention de ses militants est « illégale » et dénonce des exactions et « tortures » dont ils sont victimes.




Deux opposants, Evaristo Oyaga Sima et Juan Obama Edu, sont morts en détention, respectivement fin mai et début juillet, des suites de tortures, selon CI. Une information démentie par le gouvernement.

Teodoro Obiang Nguema a décrété la grâce à l’occasion des 50 ans de l’indépendance de la Guinée équatoriale, ex-colonie espagnole.

Le pays a fermé ses frontières et prévoit une grande célébration de cet anniversaire vendredi avec plusieurs chefs d’Etat conviés dans la capitale Malabo.

L’Espagne, sera représentée par son secrétaire d’Etat à la coopération extérieure.

Avec AFP