Le port de Lekety, le projet le plus bête de Sassou

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Inauguré en 2009 par le Chef de l’État Denis Sassou Nguesso, en présence de Jean Jacques Bouya, à l’époque ministre Délégué Général aux Grands Travaux, et de son collègue des transports Emile Ouosso, le port de Lekety, situé dans le département de la Cuvette-Ouest et à près d’une centaine de kilomètres de Franceville au Gabon, reste un éléphant blanc.

De l’avis des spécialistes de l’économie des transports, le port de Lekety aurait pu jouer pleinement son rôle de port de transit et de substitution, à même d’assurer les opérations d’importation et d’exportation des marchandises des opérateurs économiques situés dans la partie septentrionale du Congo comme des pays voisins tels que la RCA, le Tchad voire l’Est du Cameroun. Il n’en est malheureusement rien.

« Depuis son inauguration officielle il ya près de 12 ans , aucune activité n’y été menée », constate, sous couvert d’anonymat, forestier que nous avons interrogé. Les touffes d’herbes qui accueillent tout visiteur de passage à Lekety en disent long sur la mort d’un port fluvial qui présente d’énormes atouts pour faire vivre l’économie locale et, surtout, une réelle opportunité de diversification économique.

Quel gâchis! S’exclame un expert du secteur des tranpsorts qui estime qu’il est plus avantageux, en termes de coûts et temps, de faire transiter les marchandises du nord Congo par le port de Lekety que via le port en eaux profondes de Pointe-Noire, situé à plus de 600 kilomètres.La frontière Lekety-Lekony est pourvue une bonne route bitumée, à laquelle s’ajoute une liaison quotidienne des trains marchandises qui relient la ville de Franceville au port d’Owendo à Libreville.

Malheureusement, cette opportunité n’est pas saisie par le Congo, qui a tant à gagner sur ce corridor, surtout en termes de flux économiques et financiers générés par le fret fluvial.

Au moment où la diversification de l’économie congolaise devient plus qu’une urgence nationale, ne serait-il pas temps de booster les échanges entre le Gabon et le Congo sur cet axe, en offrant des facilités aux opérateurs économiques des pays voisins?

Faut-il noter que le port en eaux profondes de Kribi Cameroun, deuxième après celui de Pointe-Noire, offre aux transitaires centrafricains une plateforme unique de dédouanement de leurs marchandises, conçue pour réduire les coûts portuaires et les délais de transit. En affaires, les meilleurs résultats appartiennent à ceux qui réfléchissent vite et bien.