Le Maroc face au trio USA/Canada/Mexique pour l’organisation du Mondial 2026

0
130




 

Qui du « challenger » marocain, qui rêve de devenir le 2e pays africain à accueillir le Mondial, ou du trio Etats-Unis/Canada/Mexique, favori, sera chargé d’accueillir en 2026 la première Coupe du monde à 48 équipes? Verdict mercredi, à l’issue du Congrès de la Fifa à Moscou.

L’examen des dossiers réussi, place maintenant à la dernière épreuve: plus de dix jours après la validation des deux candidatures par la « task force », commission d’évaluation qui avait en théorie le pouvoir d’écarter un dossier, le duel entre le Maroc et « United 2026 » sera départagé par 207 fédérations membres de l’instance, lors d’un scrutin organisé à la veille de l’ouverture du Mondial-2018.

Inquiet à l’idée d’être éliminé avant de livrer bataille, le Maroc est toujours en lice mais semble partir avec du retard. Son dossier « a obtenu une note globale de 2,7 sur 5 » contre « 4 sur 5 » pour le trio USA/Canada/Mexique, au regard d’une série de critères définis (infrastructures, hébergement, transports, budget…), avait-t-on appris auprès d’une source proche du dossier marocain.

Quatre fois candidat malheureux à l’organisation du Mondial (1994, 1998, 2006 et 2010), le Royaume croit toutefois toujours en ses chances de devenir le second pays du continent africain, après l’Afrique du Sud en 2010, à accueillir l’un des événements les plus importants de la planète.

S’il bénéficie du soutien de nombreux pays européens, notamment en raison de sa proximité géographique, et africains, à l’appel du président de la Confédération africaine de football (CAF) Ahmad Ahmad, le Maroc a vu déjà deux pays anglophones de son continent faire défection – dans leurs intentions – au profit de son concurrent: le Liberia et l’Afrique du Sud.




Avantage ‘United 2026’ ?

Pis selon certains observateurs, le président de la Fifa Gianni Infantino est présenté comme un ardent défenseur de la candidature nord-américaine, composée de pays qui l’ont aidé dans son élection en février 2016.

Dans la logique de ce dernier, il serait cohérent d’attribuer ce premier Mondial à 48 pays « à de grands pays qui ne l’ont jamais eu, comme la Chine ou l’Inde, ou à des associations de pays », explique à l’AFP Paul Dietschy, historien du football. « Car pour couvrir les frais il faut être à plusieurs ».

Or le trio Etats-Unis/Mexique/Canada a promis « la Coupe du monde la plus lucrative de l’histoire » avec 14 milliards de dollars de recettes, contre un « net pour la Fifa de 5 milliards de dollars » du côté marocain, qui mise sur des atouts, autres que purement financiers, pour faire la différence.

« La ferveur autour du football dans le pays et sur le continent » africain, « la proximité » avec des villes hôtes « ramassées » dans un rayon de 550 km, « à moins d’une heure de vol » les unes des autres, ou encore le système de visa « automatique » pour tous les fans, exposait notamment auprès de l’AFP le président du comité de candidature marocain Moulay Hafid Elalamy.

Mais à l’issue du Conseil de la Fifa dimanche, M. Infantino a rappelé dimanche que « c’est le Congrès qui décidera qui sera le pays hôte », alors que le « task force » de la Fifa s’est montrée plutôt défavorable à la candidature marocaine.

‘Transparence’

« L’important pour moi est que tout a été fait correctement, maintenant tout le monde doit choisir, avec les dossiers de candidatures, les rapports, ils peuvent se faire leur propre avis en vue du Congrès », déclarait encore le Marocain en précisant que le vote s’effectuerait de manière électronique.

Le scrutin, qui n’est plus réservé aux membres du comité exécutif de l’instance, sera-t-il pour autant transparent? Le président américain Donald Trump a par ailleurs lancé des menaces à peine voilées à ceux qui ne soutiendraient pas « son » projet dans un tweet en avril.

>> Lire aussi : Deuxième visite technique des experts de la Fifa au Maroc pour le Mondial 2026

« Il n’y a pas de système parfait, il n’y a pas de garanties, mais vous pouvez avoir des systèmes de conformité et des réglementations spécifiques qui vont au moins prévenir une corruption systémique ou endémique. Cela, on peut l’empêcher, mais des cas particuliers peuvent avoir lieu », explique à l’AFP Sylvia Schenk, de l’ONG Transparency International et par ailleurs membre du conseil consultatif de la Fifa sur les droits de l’homme.




« La Fifa a beaucoup fait au niveau des codes de conduite des délégués, des défenseurs de la candidature. Mais ils ne peuvent pas vraiment contrôler M. Trump… », ajoute-t-elle. De là à favoriser indirectement le Maroc?

Avec AFP