Le gouvernement sud-soudanais dit en « avoir assez » de Riek Machar

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Le gouvernement sud-soudanais « en a assez » du chef rebelle Riek Machar et ne veut pas de lui dans le gouvernement d’union nationale, a déclaré vendredi à Addis Abeba le ministre de l’Information Michael Makuei, au lendemain d’un sommet régional destiné à relancer le processus de paix au Soudan du Sud.

« Nous en avons assez de Riek Machar, des dommages que Riek Machar a causés aux Sud-Soudanais », a déclaré M. Makuei en conférence de presse, laissant mal augurer du processus de réconciliation que tentent de promouvoir les principaux dirigeants d’Afrique de l’Est.

« En tant que Sud-Soudanais, pas seulement le président, mais en tant que Sud-Soudanais, nous disons qu’assez c’est assez et s’il (Machar) veut être président, il n’a qu’à attendre les élections », a ajouté M. Makuei, un des durs du régime sud-soudanais.

Le chef rebelle s’était entretenu mercredi soir à Addis Abeba avec le président sud-soudanais Salva Kiir, pour la première fois en deux ans. Cette rencontre a laissé percer l’espoir que puisse être trouvée une solution négociée à la guerre civile qui ravage le Soudan du Sud depuis décembre 2013.

Mais la prise de position du gouvernement sud-soudanais, deux jours seulement après cette entrevue symbolique, montre à quel point les inimités sont solidement enracinées, en dépit des sourires et accolades de façade.

M. Makuei a accusé le chef rebelle d’avoir tout au long de sa carrière tenté plusieurs coups d’État, et estimé qu’il n’avait donc pas sa place dans un gouvernement d’union. « Nous ne voulons pas de lui politiquement », a-t-il insisté.

Le gouvernement a cependant cédé à la requête des chefs d’État de l’Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement), l’organisation régionale qui oeuvre depuis de longs mois à réactiver le processus de paix, de participer à une nouvelle rencontre entre MM. Machar et Kiir lundi à Khartoum, au Soudan.

« C’était une décision des chefs d’État (de l’Igad) et nous la respecterons », a ajouté M. Makuei.

Le ministre des Affaires étrangères Martin Elia a assuré, lors de la même conférence de presse, que le gouvernement restait déterminé à obtenir la paix et que c’est pour montrer son engagement en ce sens que M. Kiir avait accepté de rencontrer M. Machar.

Le conflit au Soudan du Sud, qui a éclaté en décembre 2013, a fait des dizaines de milliers de morts, près de quatre millions de déplacés et provoqué une crise humanitaire catastrophique.

Avec AFP