Le gouvernement entretient la pagaille dans le transport interurbain

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« Nous avons décidé de déclarer faillite auprès du tribunal du commerce, car il nous est impossible d’engranger le moindre bénéfice avec un prix de 6000 ou 7000 entre Brazzaville et Pointe-Noire par passager. Même avec une recette adossée sur un taux de remplissage de 100%, nous tournons à perte! « , se désole, visage renfrogné, un important acteur du transport interurbain entre Brazzaville et Pointe-Noire. « Si rien n’est fait à très court terme par les autorités congolaises en charge du commerce et des transports, prévient-il, d’autres compagnies de transport terrestre pourraient bien en faire autant ». Conséquence, de milliers d’emplois seront sacrifiés, des impayés d’échéances de crédits contactés auprès des banques dans le cadre du montage des sociétés de transport vont s’accumuler, des impôts seront perdus par l’Etat…

Que gagne réellement un transporteur interurbain qui fixe un prix de 6000 ou 7000 FCFA sur l’axe Brazzaville -Pointe-Noire(540 km)? Rien du tout! Le taux de remplissage d’un autocar se situe aujourd’hui à moins de 60%. Lorsqu’il est de 80%, environ 51 passagers, la recette d’un voyage ‘s’établit à exactement 306.000 FCFA, auxquels il faut déduire les frais de caburant(140.000), péage(70.000), colation, amortissement pneumatique, entretien du véhicule après chaque voyage…
La situation est d’autant plus préoccupante pour ces transporteurs que leurs charges incompréssibles sont désormais plus élevées que les recettes mensuelles. En clair, c’est la faillite.
Il convient de noter que si l’on applique le prix de 33,46 FCFA le kilomètre fixé par le gouvernement congolais, tous comptes faits, le prix d’un billet autocar entre Brazzaville et Pointe-Noire devrait tourner autour de 18000 FCFA . Il n’en est rien.




OCÉAN DU NORD DICTE LA LOI DU PLUS FORT!

Océan du Nord, la compagnie dominante, propriétaire de 200 bus, régule le marché à sa guise en pratiquant des prix cassés que ne peuvent suivre les autres transporteurs. » C’est une pratique du dumping qui vise à asphyxier les plus faibles », s’en plaint un responsable de Stelimac, une compagnie qui compte 13 bus.
Pourquoi l’Etat congolais peine t-il à homologuer les prix des transports interurbains, alors que ceux du transport urbain sont normés à 700 pour le taxi à Brazzaville comme à Pointe-Noire ?
Faut-il rappeler qu’au Sénégal, Cameroun, Bénin, Togo…, c’est le ministère du commerce qui régule le marché en homologuant les prix de transport urbain et Interurbain? Y sont, par conséquent, considérés comme illicites des prix de biens et services différents de ceux homologués, s’agissant des prix ou tarifs soumis à la procédure d’homologation préalable.
Au Cameroun, par exemple, où le transport interurbain est régulé par le ministère du commerce, une amende de 5% du chiffre d’affaires est taxée aux transporteurs qui ne respectent pas les prix homologués.