Le G5 Sahel lutte contre les passeurs mais manque de moyens

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La force militaire constituée par cinq pays du Sahel pour lutter contre les jihadistes et le crime organisé a porté des coups aux passeurs de migrants, mais les financements promis tardent à être débloqués, a déploré lundi à Bruxelles le ministre nigérien des Affaires étrangères.

« La force du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) est devenue une réalité même si tous les financements n’ont pas été versés », a déclaré Kalla Ankourao lors d’un point presse avec la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Le Niger assume la présidence tournante du G5 Sahel.

« L’Union européenne a déboursé sa participation de 100 millions d’euros sur les 414 promis » lors d’une conférence des donateurs à Bruxelles le 23 février, a souligné Mme Mogherini, en regrettant que les autres bailleurs de fonds tardent à concrétiser leurs engagements.

Les financements européens ont permis de démarrer des opérations. « La force a déjà eu des accrochages avec des groupes jihadistes en train de développer leur implantation dans la zone », a précisé le ministre nigérien au nom de ses quatre homologues également présents à Bruxelles. La force du G5 Sahel doit à terme compter 5.000 militaires issus des contingents des cinq pays.

Les militaires de cette force conjointe ont également renforcé les contrôles sur les routes empruntées dans le désert par les passeurs de migrants vers la Libye, leur portant des coups sévères, à tel point que depuis quelques mois une nouvelle route se développe vers l’Algérie et l’Espagne, a-t-on appris de source européenne.

« Le Niger est le premier pays de la région à agir contre les passeurs », a affirmé un responsable européen.

Les migrants interceptés sont ramenés dans un centre à Agadez (nord du Niger) où transitent également des migrants revenus de Libye, a indiqué cette même source.

La plupart des migrants interceptés sont originaires du Nigeria, de Côte d’Ivoire, de Gambie et de Guinée. Le Burkina Faso et le Niger sont des pays de transit.

Mais les populations du nord du Niger sont impliquées dans le trafic.

« Nous devons aider les populations de la région d’Agadez (grande ville aux portes du désert) qui n’ont pas voulu aller vers le terrorisme ou les activités migratoires à trouver des revenus », a insisté le ministre nigérien.




« Les gens qui ont faim sont prêts à tout », a insisté Federica Mogherini. « L’Union européenne travaille sur une double approche: la lutte contre les organisations criminelles et le développement d’activités économiques », a insisté la cheffe de la diplomatie européenne. L’UE a budgétisé 8,5 milliards d’euros sur la période 2014-2020 pour des actions d’aide au développement dans la région et propose d’allouer 32 milliards d’euros pour la coopération avec l’Afrique subsaharienne sur la période 2021-2027.

Avec AFP