Le DG canadien du CHU a démissionné et fui avec un milliard fcfa

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Sylvain Villiard, directeur général du CHU de Brazzaville, que, Sassou Nguesso, avait nommé pour tenter de restructurer cette entité hospitalière s’est avéré être un aventurier de plus. Parti en vacances depuis près de trois mois, sa démission vient d’être annoncée par la ministre de la santé Lydia Mikolo. Entre temps, la somme d’un milliard qu’il a avait transféré au Canada pour l’achat des équipements est toujours introuvable.




La situation déplorable que vit le CHU de Brazzaville, séquestré par une mafia, avait poussé les autorités politiques à faire recours à un canadien pour une reconduite. Sylvain Villiard, débarquait alors à Brazzaville et prenait ses quartiers dans un milieu pourri et miné. Du côté de la diaspora, des voix s’élevaient et doutaient de l’honnêteté et capacité du canadien à nettoyer le centre hospitalier de tous ses maux.




Très vite, les congolais ont déchanté face à la passivité du nouveau Dg, confronté à une opposition farouche des syndicalistes, les plus grands parrains de la mafia du CHU. Le salaire élevé et les premières décisions vont créer les premiers conflits.

Dans un rapport de synthèse mis à la disposition de la presse, le collectif des médecins et cadres du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (CHU-B), conduit par l’intersyndicale, avait adressé un mémorandum au gouvernement dans lequel, il exigeait le départ de leur directeur général Sylvain Villiard et la nomination d’un nouveau DG de nationalité congolaise ayant la connaissance des problèmes du CHU-B.




L’intersyndicale accusait Sylvain Villiard d’être à la base de « la destruction du climat de cohésion entre les travailleurs et le processus de fonctionnement du service ».

Elle exigeait en outre l’ouverture d’une information judiciaire contre le Ministère congolais de la Santé et de la Population, et d’un dialogue afin de tenir les états généraux du CHU-B pour relancer le fonctionnement de la structure.

Il était reproché au gouvernement de ne pas avoir mis à la disposition des cadres du CHU les moyens de travail nécessaires. L’intersyndicale recommandait la restitution « des fonds détournés » qui s’élèvent à un milliard six millions francs CFA par l’équipe canadienne et le Ministère de la Santé et de la Population.




L’incompétence de la ministre de la santé, l’enracinement de la mafia syndicale du CHU ont eu raison du canadien qui a profité de ses vacances dans son pays pour jeter l’éponge. Tant que la justice restera amorphe face aux détournements des fonds publics, rien ne marchera au Congo.

Tant de slogan sur l’année de la santé pour des résultats bidons n’empêchent pas les autorités politiques d’insister sur d’autres promesses. Un pays qui est incapable de soigner ses propres enfants ne peut rêver d’une émergence et 2025 est à nos portes.