Le Congo renforce son dispositif de gestion de la dette publique

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Le pays vient d’adopter, le 28 mai, un nouveau manuel de procédures qui permet d’assurer une meilleure coordination des structures en charge de la gestion de la dette et un suivi régulier du niveau d’endettement. 

Le Comité national de la dette publique (CNDP) s’est réuni pour la première fois, mardi à Brazzaville, marquant ainsi le lancement officiel de ses activités. Les travaux de cette session inaugurale ont été présidés par la ministre du Plan, de la statistique et de l’intégration régionale, Ingrid Ebouka-Babackas.

L’un des temps forts de la rencontre a été l’adoption du manuel de procédures du CNDP. Cet instrument de travail devrait lui permettre de mieux coordonner les activités de la dette, d’émettre des avis, d’analyser la viabilité de la dette et de sa soutenabilité. Mieux, les membres vont s’en servir pour fixer les plafonds d’endettement annuel de l’État sur la base des analyses de soutenabilité des finances publiques et pouvoir se prononcer sur les opérations de renégociation, restructuration ou de rétrocession de la dette, etc.




Créé depuis mars 2008 par le décret n2008-56, le CNDP n’a jamais été opérationnel pendant plus d’une décennie. Alors qu’un règlement de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale recommande à ses pays membres d’améliorer la coordination de leur politique d’endettement et de mettre en place un dispositif leur permettant de fixer les orientations globales en matière d’emprunts publics intérieurs et extérieurs.

Pour la ministre du Plan et vice-présidente du comité, le lancement des activités du CNDP va mettre un terme à la dispersion des opérations de la dette entre plusieurs structures, parmi lesquelles la Caisse congolaise d’amortissement, le Trésor public et le cabinet du ministre des Finances et du budget. Il va aussi permettre à la structure, a-t-elle poursuivi, de proposer les options à retenir dans le cadre des politiques de nouveaux financements pour les années à venir.

« Cette rencontre est très importante pour notre pays qui, pendant longtemps, a connu des problèmes de coordination de la politique d’endettement et de gestion de la dette avec les politiques budgétaire et monétaire. La gestion rencontre des difficultés au regard de la soutenabilité des finances publiques en général et de la viabilité de la dette en particulier », a indiqué Ingrid Ebouka-Babackas.

À l’instar des institutions financières internationales, la ministre a admis que si le comité était opérationnel, le Congo n’aurait pas atteint le niveau d’endettement actuel. Cependant, elle a ajouté que ce niveau d’endettement doit être mis en rapport avec le produit intérieur brut (PIB) du pays.

« Quand l’économie est en crise, le PIB se réduit et l’on a le sentiment que la dette devient insupportable, alors que la même dette rapportée au PIB ferait qu’on ne sera pas en situation de surendettement », a-t- elle ajouté.