Le Congo invité à faire l’inventaire de ses risques budgétaires

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Une nomenclature des risques budgétaires fréquents permettra à l’Etat, d’après les experts, d’identifier les canaux de transmission vers le budget et la dette publique.

Pour arriver à maîtriser et prévenir les aléas qui peuvent infecter l’exécution du budget de l’Etat, les services des finances doivent mener à plus long terme une analyse de sensibilité macro-budgétaire. Des analyses qualitatives et quantitatives peuvent aussi être menées, en s’appuyant sur les études existantes au sein des ministères sectoriels.

Cette modalité de gestion « optimale » des risques budgétaires représente, en effet, l’une des recommandations formulées à l’issue d’un séminaire régional tenu, du 27 au 31 août à Brazzaville, organisé par le Centre régional d’assistance technique du Fonds monétaire international (Afritac centre). Des financiers venus des pays de la zone Cémac ont participé à la rencontre ainsi que leurs homologues de la République démocratique du Congo et du Burundi.




Un grand nombre de risques sont liés non seulement aux entreprises publiques et garanties mais surtout au partenariat public-privé. Ce dernier est un mode de financement par lequel l’Etat fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer un équipement assurant le service public. Les bénéficiaires reçoivent, en contrepartie, un paiement de l’Etat ou des usagers du service qu’ils gèrent. Or ce type de partenariat est confronté au manque de compétences techniques, à l’instabilité politique et civile, à l’absence de textes juridiques cohérents…

C’est ainsi que dans leur note des recommandations, les participants ont insisté sur la nécessité d’instaurer des dispositifs institutionnels afin de soutenir la gestion des risques budgétaires. « Des rapports réguliers seront élaborés sur des risques liés à la gestion du budget, y compris la mise en place d’un processus interne de transmission de l’information », précise la note.

La République du Congo pourrait, du moins à brève échéance, faire le saut qualitatif dans l’identification, l’évaluation, le suivi et la gestion des risques budgétaires, a projeté le conseiller au budget, Hilaire Mavoungou. « Des contraintes et gaps importants demeurent pour permettre à nos dispositifs de suivi des risques budgétaires de s’aligner sur les standards internationaux », a-t-il dit.




Quant à Afritac centre, à l’origine de cette rencontre régionale, il faut garder le cap afin d’aider les pays de la sous-région à être plus résilients face à ces risques. « Les recommandations formulées seront prises en compte dans la formulation des programmes d’activités des années fiscales prochaines de Afritac centre dans le domaine de la gestion macro-budgétaire », a assuré Séverin Yves Kamgna, conseiller en gestion macro-budgétaire à Afritac centre.