L’accord de Kinkala : une aubaine pour la reprise du CFCO

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Plusieurs mois d’arriérés de salaire, vétusté de certains segments du réseau, rupture du trafic entre Pointe-Noire et Brazzaville, le chemin de fer Congo Océan (CFCO) traverse une période difficile. L’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités, conclu le 23 décembre dernier entre le gouvernement et le pasteur Ntoumi, devrait permettre la reprise de la circulation des trains entre les deux plus grandes agglomérations du pays.

L’accord salué par plus d’un observateur enjoint les deux parties à taire les armes dans le Pool, un département où les locomotives n’accèdent plus depuis plus d’une année et demie à cause du conflit armé qui y prévalait.




Les dégâts enregistrés sur le réseau ferroviaire, notamment la destruction des ouvrages d’art endommagés, sont réparés par les pouvoirs publics qui devraient, dans un proche avenir, étudier les possibilités de relancer le trafic des trains dans le Pool.

Capitale économique, Pointe-Noire est la porte d’entrée et de sortie du pays par voie maritime. Les produits consommés au centre et dans la partie septentrionale du Congo transitent pour la plupart au port de cette ville. C’est le cas des vivres et non vivres, des produits pétroliers, des moyens roulants et autres. D’ailleurs, plus de 90% du commerce extérieur du pays s’effectue via la mer qui représente une source importante de richesses pour l’économie.

Conséquences de la rupture du trafic du CFCO dans le Pool

Mode de transport de masse, le rail ne cessera de jouer un rôle de premier plan dans l’économie congolaise, malgré la présence de la route bitumée et de la voie aérienne. Depuis l’interruption du trafic ferroviaire entre Loutété dans la Bouenza et Brazzaville, le CFCO connaît un abaissement des recettes consécutif au ralentissement d’activités.

Le CFCO faisait office d’épine dorsale de l’économie congolaise avant la construction de la route nationale n°1. Cette voie est d’autant plus importante qu’elle traverse quelques départements avant d’atteindre Brazzaville. Elle favorise les échanges tout en vivifiant les liens entre la population. Avec la suspension du trafic, certaines localités, notamment dans le Pool, se trouvent isolées. Les paysans accusent de sérieuses difficultés quant à écouler leur production agricole.

L’arrêt du trafic continue à influer sur l’approvisionnement de Brazzaville en divers produits, dans la mesure où la route ne permet guère d’assurer le transport de grandes quantités de marchandises. C’est ce qui explique en partie des pénuries de carburant constatées à Brazzaville.

Le CFCO relie à la fois les deux capitales et les ports maritime et fluvial qui jouent un rôle crucial dans la chaîne nationale des transports. La relance des trains dans le Pool confortera la volonté du gouvernement qui appelle les forestiers du Nord Congo à acheminer une partie du bois par le fleuve Congo. Ce, afin de mettre à profit les différents modes de transport usuels dans le pays.

Notons que la ligne ferroviaire Pointe-Noire/Brazzaville permet au CFCO de réaliser de bonnes recettes afin de pouvoir faire face à ses engagements.