La lettre émotive d’un sinistré du 4 mars

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« Ma main sur la joue n’est pas l’expression de mon malheur, ni de ma résignation, mais plutôt signe d’interrogation, oui d’interrogation sur l’avenir de ce beau pays ».

Ce beau Congo pour lequel tant de patriotes ont sacrifié leur vie et, qui me semble être poursuivi par une malédiction qui ne dit pas son nom. Aujourd’hui j’ai tout perdu sans le vouloir, à cause de la bêtise de certains, la force du destin disent d’autres.

Les années passent, mais tout se ressemble, et à chaque interrogation je ne trouve pas de réponse exacte à cette chaîne de catastrophes dont est victime mon beau pays, et par ricochet les pauvres populations que nous sommes. Le vieux Antonio chez qui parfois j’essaie d’avoir des réponses me laisse entendre que ce pays a vu tant de sang de ses fils couler que seul un vrai et sincère lavage de mains pourrait le sauver et l’épargner des futures catastrophes.

Un rapport ne dit- il pas que le Congo est le pays où il ya eu plus d’assassinats politiques par habitant ? Mauvaise carte de visite d’un pays qui regorge tant de potentialités !




Le malheur qui s’est acharné sur nous ces derniers temps ne saurait être insensible aux yeux de nos autorités, qui à mon sens auraient dû faire plus. L’état dans lequel certains Congolais se retrouvent aujourd’hui est si triste que le simple fait pour eux de se souvenir de leur passé entraîne une angoisse et une colère incontrôlables, et j’en suis victime aussi.

Toute notre vie, nous avions été à la recherche du bien être, obtenu au prix de nombreux sacrifices, et revenir à la case départ est un comprimé dur à avaler.

De notre indépendance d’hier, nous sommes devenus dépendants aujourd’hui et parfois même victimes de toutes les tracasseries institutionnelles. Pourtant la cause de notre situation est cet État que nous pensions nous protégeait. On imagine des solutions en notre faveur sans nous associer, et on nous traite comme des mendiants.

Car tout ce qui est fait pour nous sans nous est fait contre nous ! Et le moindre grincement de dents est l’objet d’une ignorance totale de la part des autorités. Pendant ce temps on dit à tout le monde que nous sommes biens suivis et traités et que les solutions à notre malheur sont visibles. Drôle de pays n’est ce pas ?

Donc ma main sur la joue, est la conséquence de tout ce vécu par nous, eh oui les pauvres sinistrés que nous sommes. L’occasion faisant le larron, une magouille se développe sur notre malheur, dont les bénéficiaires ne se gênent point d’en étaler les acquis aux yeux de tous.

Dieu miséricordieux, assiste à ce spectacle inhumain sans punir ses méchantes personnes qui parfois piquées par je ne sais quelle mouche se présentent en grande pompe dans notre quotidien nous faire de minables dons, acquis avec l’argent qui nous était destiné. La souffrance des uns fait la joie des autres, et ainsi va le Congo ! Ce Congo pour tous, dont une poignée en croit détenir le titre foncier